Chapelle de saint Antoine le Grand
XIVes. - Saint patron de la confrérie des Crasseux
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Dans la travée médiane, s'ouvre sur le flanc nord la chapelle du XIVe siècle dédiée à saint Antoine le Grand ou Antoine d'Egypte (vers 250 † vers 356) considéré comme le fondateur de l'érémitisme chrétien.
Sa vie nous est connue par le récit qu'en a fait vers 360 saint Athanase, évêque d'Alexandrie, qui le rencontre alors qu'il est lui-même en exil dans le désert d'Egypte. Ce récit sera un des textes fondateurs du monachisme.
Issu d'une famille aisée de Qeman (actuelle Memphis) en Haute Egypte. Au décès de ses parents, il vend ses biens, distribue le produit aux pauvres, et s'installe non loin de là, puis à Pispir (Kellia).
Vingt ans après, les persécutions infligées aux églises par l'empereur Caesar Marcus Aurelius Valerius Maximianus Augustus (vers 270 † 310), l'amènent à quitter Pispir pour se rendre à Alexandrie, afin d'y soutenir les confesseurs de la foi (un confesseur de la foi est un chrétien persécuté à cause de sa foi et qui échappe à la mort).

A son retour à Pispir, il découvre que son désert est peuplé d'ermites, aussi décide-t-il de s'établir dans un autre lieu qui sera choisi en Thébaïde, au pied du mont Qolzum, en bordure du golf de Suez.
Il n'en sortira que deux fois: la première pour visiter sa colonie d'ermites, la deuxième pour se rendre à Alexandrie pour s'opposer aux tenants de l'arianisme initié par le théologien Arius (256 † 336), qui défend la position selon laquelle le divinité de Dieu est supérieure à celle de son fils. Sept lettres sont à ce jour reconnues comme vraisemblablement authentiques.
Les religieux ayant adopté le mode de
vie solitaire de Saint Antoine le Grand sont appelés anachorètes,
s'opposant aux
cénobites qui choisissent la vie en communautés monastiques.
Les tentations de saint Antoine ont inspiré de nombreux artistes, notamment Francisco de Zurbarán, Jérôme Bosch, Pieter Bruegel, Sasseta, Jacques Callot, Max Ernst, Matthias Grünewald, Diego Vélasquez, Joos van Craesbeeck, Bernardo Parentino, Paul Cézanne, Salvador Dali, Martin Schongauer, où, au milieu du chaos absolu, le Saint reste constant dans la prière.
Mais c’est surtout avec les toiles de Hieronymus Bosch et son imagination délirante, que les images les plus fantastiques s’offrent à nos yeux.
Alors que Gustave Flaubert lui consacrera un récit: La Tentation de saint Antoine.
Cependant, les images des tentations des saints sont rares et ne concernent que peu de saints (saint Antoine, saint Jérôme, saint Benoît) car elles ont à affronter un paradoxe: comment figurer le conflit entre la concupiscence et les valeurs morales chrétiennes, entre la beauté dangereuse du diable et la beauté morale du saint, dans le contexte d’un usage édifiant de l’art?
► En savoir plus sur la figuration des tentations: cliquer - ici -
Les artistes ont aussi souvent représenté sa rencontre avec saint Paul de Thèbes, peu de temps avant la mort de celui-ci (vitrail de Saint-Antoine et Saint-Paul dans le Déambulatoire de la cathédrale de Chartres).
Diego Velazquez - Saint Antoine abbé et saint paul ermite - huile sur toile, 257 x 188cm - Paul partageant son repas avec Antoine et lui expliquant qu'un corbeau lui apporte quotidiennement la moitié d'un pain depuis soixante ans. mais ce jour là, le volatile lui donne un pain entier.
Saint-Antoine, qui vécut jusqu’à 105 ans en résistant aux attaques du Diable sous toutes ses formes, n’est pas seulement un saint parmi tant d’autres. Il est celui qui refuse les tentations de la richesse, de la mort et de la chair et qui, par sa foi inébranlable, se fortifie face aux démons dans la solitude.
Les reliques de saint Antoine le Grand sont conservées à la primatiale Saint Trophime d'Arles.
En 2006, le reliquaire fut transporté provisoirement sur l'île d'Ischia, île italienne située en mer Tyrrhénienne, au nord du golfe de Naples, à l'occasion d'une cérémonie religieuse.
Plan et voûte
Cette chapelle de plan carré d'environ
3.35 m de
coté, est remarquable par sa belle construction, elle possède
une
belle voûte sur croisées d'ogives avec un médaillon sculpté
représentant un cochon. Caractéristiques de cette époque les nervures
des arcs, des piliers d'angle et de la voûte d'entrée, sont composées
de courbes et de contre-courbes, séparées par des méplats peu accentués.
De nombreuses représentations de Saint Antoine le Grand nous le montrent accompagné d'un cochon portant une clochette.
Selon Émile Mâle, cette tradition date de la fin du XIVe siècle, le cochon n'a rien à voir avec la vie du saint mais avec un ordre religieux fondé en Dauphiné en 1095 (les Antonins): les porcs n'avaient pas le droit d'errer librement dans les rues, à l'exception de ceux des Antonins, reconnaissables à leur clochette.
Les chapiteaux sont également simplifiés et comportent une moulure saillante, sur laquelle commence le profil du pilier, qui n'est séparé que par une astragale de petite dimension.
Ouverture
Une toute petite baie très fortement ébrasée sur la façade ouest.
Confrérie des Crasseux
A partir de la fin du XIIIe siècle, beaucoup de confréries d'artisans ont demandé leur admission dans les Ordres mendiants: Franciscains (1209), Dominicains (1215), Augustins (1256), et plus particulièrement chez les Carmes (1206-1214). Chaque confrérie avait son siège dans une des églises de la ville, où, selon ses ressources, elle entretenait un autel ou une chapelle, placés sous l'invocation d'un saint patron. C'est ainsi que la corporation des Crasseux (ouvriers en laine) se sont placés sous la protection de saint Antoine le Grand.
La corporation des Crasseux portait cette bannière à la procession de Saint Antoine. Les fabriques la conservaient à tour de rôle un an. Quand les processions furent interdites, la Famille BRUN de l'Isle-sur-Sorgue la gardèrent...puis en firent don à Frédéric MISTRAL qui, à cette époque, créait le musée Arlaten.
Si dès le Xe siècle, la Sorgue a été canalisée et aménagée, afin de permettre l'installation de nombreux lainiers à l'Isle-sur-Sorgue, le Calavon, compte tenu de son débit irrégulier, ne prédisposait pas à l'installation de moulins. A ce jour, l'origine de la compagnie qui entretenait cette chapelle n'est pas attestée.
La fresque du XVe siècle.
Dans cette chapelle, à hauteur d'une possible table liturgique, le mur est orné sur toute sa largeur d'une fresque d'inspiration piémontaise, datée du XVe siècle, représente une Crucifixion restaurée en août 1999, par Nathalie le Van (nettoyage, refixage, consolidation et réhabilitation de la structure mécanique de l’œuvre).
La représentation de la Crucifixion dans de grandes compositions aux tympans des églises est un phénomène tardif dans l'Occident médiéval. Les premiers exemples de la fin du XIe siècle étaient liés aux hérésies cathares du sud de la France. Ce thème se diffusera largement au XIIIe siècle afin de rappeler la rédemption de l'humanité par le sacrifice de Jésus.
► La fresque en détail: cliquer- ici -
► Analyse des pigments de la fresque: cliquer- ici -
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