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Concilier avec Pierre Brun, président de BRUN DE VIAN-TIRAN (BVT), le respect des traditions qui perpétue depuis huit générations ininterrompues le métier de lainier au sein de la manufacture familiale créée en 1808 à l'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), et la restauration d'un monument historique classé, par des salariés en insertion et/ou en formation professionnelle continue, est le pas franchi en 2008, dans le cadre d'un partenariat avec l'abbaye de Saint-Hilaire.
A ce soucis d'une démarche permanente d'excellence qui se traduit par la recherche permanente des meilleures fibres qui concoure à la réputation internationale des articles de BRUN DE VIAN-TIRAN, tous exclusivement fabriqués en France par des mains expertes, soucieuses d'apporter un soin tout particulier aux détails ainsi qu'aux finitions, s'associe une démarche de consommation solidaire.
Echarpes 100% Cachemire - 57 gr/m²
Classiques et intemporelles, promesse de bien-être et de divine douceur, exceptionnellement chaudes et légères, vous porterez avec beaucoup de plaisir ces écharpes de cachemire précieux réalisées par un personnel hautement qualifié.
Trois qualités de Cachemire vous sont proposées, dont une laine originaire de Mongolie et une prestigieuse superfine.
Ces articles sont tissés à partir de fibres vierges, souples et soyeuses, du duvet hivernal (sous-manteau) protégeant du vent glacial (-30 à -45°C), des chèvres Capra hircus élevées dans les régions autonomes de Mongolie Intérieure (90% de la production) du Tibet et du Cachemire chinois ou indien.
C'est dans les années 1970, que BRUN DE VIAN-TIRAN commença la fabrication d'articles 100% cachemire qui nécessite la maîtrise des savoirs-faire de 14 compétences distinctes, qui vont tour à tour, peigner, carder, fouler, teindre, filer, ourder, tisser, etc., les fibres, jusqu'à l'obtention d'une pièce finie unique!
Les procédés de teinture et de blanchiment nécessitant de très grandes quantités d'eau pure, c'est pourquoi, dès l'origine, la manufacture BRUN DE VIAN-TIRAN s'est implantée en bordure de l'un des bras de la Sorgue, rivière alimentée par la célèbre Fontaine de Vaucluse.
Cette laine vierge doit son contact d'une extrême douceur à la finesse exceptionnelle de fibres d'un diamètre de 15 à 17 microns (env. 75 microns pour un cheveu). Les chèvres Capra hircus dont est issue cette laine, produisent environ entre 120 et 300 grammes de sous-manteau, soit une fois filé, l'équivalent d'une petite écharpe, le quart ou la moitié d'un pull pour femme...
1. Taille unique - Sixe
180 x 33 cm – 57 g/m² - franges de 80 mm.
2. Coloris / Colors
Ces écharpes sont disponibles dans les teintes suivantes:
► Cachemire: Noisette et Chamois.
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► Cachemire de Mongolie: Naturel Champagne.
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► Cachemire superfin: Café, Gris naturel, Rouge, Bordeaux, Blanc, Noir.
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Ces écharpes se nettoient à sec, si possible sans perchloroéthylène, mais avec du KWL.
3. Prix / Prices
► Cachemire - 57 g/m²
156 € TTC.
► Cachemire de Mongolie - 57 g/m²
183 € TTC.
► Cachemire superfin - 57 g/m²
198 € TTC.
• Frais d'emballage et de port offerts.
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sauvegarde d'un patrimoine du XIIIe s.
Le produit de la vente de ces articles est intégralement réservé à la restauration des restanques de culture de l'olivier de l'abbaye par l'association Maison des Métiers du Patrimoine (MMP) de Gargas (84), qui a développé un service d'appui pour l'entretien du petit patrimoine bâti et des paysages aux communes, professionnels de l'immobilier (administrateurs de biens, agents immobilier, syndics de copropriété, et marchands de biens), associations et particuliers.
Cette association intervient également sur les ressources humaines du territoire via la qualification de salariés en insertion et/ou en formation professionnelle continue.
► Site Internet MMP LUBERON: cliquer - ici -
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Outre les châles, Saint-Hilaire distribue des écharpes, des couettes et des couvertures qui ont en commun l'utilisation de laines prestigieuses ou de fibres naturelles, gage de douceur et d'un confort suprême.
BRUN DE VIAN-TIRAN
Ces articles de très haute qualité sont exclusivement réalisés en France, par une manufacture qui a entamé son troisième siècle d'existence, ce qui lui a valu de recevoir du Secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation, le label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV).
Cette marque de reconnaissance du ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, a été mise en place pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence.
Par ailleurs, en ayant conservé la maîtrise de sa fabrication dans ses ateliers créés en 1808 en Provence, elle est adhérente à Talents de France, marque nationale de garantie d'origine pour les produits d'artisans et de manufactures français.
Le respect de la tradition familiale depuis 1808
Dans le respect de la tradition lainière depuis huit générations, la famille Brun de Vian-Tiran n'a eu de cesse d´innover au fil du temps. C'est cette aventure techniques à travers les siècles et les articles qui ont rendu la manufacture célèbre, que Pierre Brun nous fait revivre avec émotion, et la passion qui le caractérise si bien.
Une manufacture lainière en Provence
Auteur: Pierre Brun
Textes et illustrations de l'auteur
Editeur: Equinox
160 pages, format 22x22 broché
Date de parution: juin 2008
Code ISBN: 978-2-84135-632-4
Prix: 30 €
Découverte du livre: cliquer - ici -
Plateaux du Ladakh du Cachemire indien
Pour faire face à l’hiver qui dure presque 6 mois en Mongolie Intérieure, et pour supporter des températures qui peuvent dépasser –45°C, la chèvre Capra hircus porte une épaisse toison de laine, dénommée le sous-manteau, lui-même recouvert de longs poils, le manteau. Au printemps la chèvre mue, et c’est à ce moment là, qu’après avoir préalablement coupé les longs poils du manteau, le sous-manteau est récupéré à l’aide d’un peigne ou d’une tondeuse.
Seul le sous-manteau est exploité. Les fibres sont alors débarrassées des poils restants, du sable et des dépôts végétaux. La matière est ensuite triée en fonction de sa couleur et de sa qualité, les fibres les plus fines étant situées sur le ventre de la chèvre.
Introduction du cachemire en France
On ne connaît pas au juste l'époque à laquelle les premiers cachemires ont été vu en Europe; mais il paraît qu'il en est venu très anciennement, et que c'est à ces tissus que se rapportent certains passages des auteurs latins, que les commentateurs ont confondus avec les autres passages beaucoup plus nombreux où il est question des étoffes de soie.
Cependant, même à l'époque où les progrès du luxe dans l'Occident rendaient plus actif le commerce avec l'Inde, les cachemires ne pouvaient être du nombre des produits habituellement exportés; leur extrême souplesse, l'avantage qu'ils ont d'être à la fois chauds et légers, en un mot, toutes les qualités qui nous les rendent précieux, ne pouvaient compenser, aux yeux de nos ancêtres, ce qui leur manquait sous le rapport de l'éclat; les étoffes de soie durent donc être apportées de préférence par les trafiquants qui les vendaient mieux, en même temps qu'ils les achetaient moins cher.
Lorsque les découvertes des Portugais eurent ouvert au commerce d'Orient une route moins difficile et moins longue, les cachemires devinrent plus connus parmi nous; ils faisaient souvent partie des présents envoyés par les princes indiens; cependant ils ne furent long-temps encore considérés que comme des objets de curiosité, et, en France du moins, ils ne commencèrent à être employés à la parure des femmes qu'à dater de l'expédition d'Egypte.
Les cachemires qui nous arrivèrent alors en assez grand nombre, provenaient, en général, du butin fait sur le champ de bataille, et quelques uns venaient encore tachés du sang des Mamelouks auxquels on les avaient arrachés. Probablement nos dames ignoraient les moyens par lesquels avaient été acquis ces beaux *schalls qu'elles étaient si fières de porter.
* orthographe en vigueur au début du XIXe siècle.
Du reste, on ne pouvait continuer long-temps à leur en procurer par la même voie, car ces schalls ne se fabriquaient point en Egypte, et l'on n'en apportait plus dans ce pays depuis que nous y étions venus. Ils commençaient à devenir rares lorsque nos troupes furent contraintes de partir; et comme en France ils étaient chaque jour plus recherchés, on dut songer à en faire venir d'ailleurs. Nous n'étions pas alors en mesure d'aller les hercher directement aux Indes, et il fallut que, pour nous, le commerce de l'Orient repris dans le XIXe siècle les voies détournées qu'il avait suivies jusqu'au XVIe siècle.
L'augmentation des frais qu'entraînait ce long circuit, jointe à celle qui résultait des entraves mises par l'administration des douanes à l'introduction des tissus étrangers, ne tarda pas à faire naître l'idée de fabriquer en France des cachemires.
Ainsi, suivant quelques anciens voyageurs, la matière première de ces tissus n'était autre chose que le poil du jeune chameau pris avant l'époque naturelle de la naissance. Pour se la procurer, disaient-ils, il faut sacrifier non seulement le petit animal, mais encore sa mère, et c'est ce qui explique le haut prix des schalls indiens. Les auteurs les mieux informés rejetaient, en général, cette version comme un conte ridicule; mais tandis que les uns ne voulaient voir dans le duvet employé que la partie la plus fine de la toison des moutons-cachemiriens, d'autres soutenaient qu'il était fourni par une chèvre, et quelques uns enfin prétendaient qu'il provenait d'une espèce particulière de ruminants inconnue à l'Europe, et qui tenait le milieu entre les espèces de la chèvre te de la brebis.
Ces opinions étaient au fond moins contradictoires qu'elles ne le paraissent d'abord, et on avait déjà un moyen de les concilier en supposant qu'elles se rapportaient à différents tissus fabriqués dans l'inde centrale. Ainsi on savait, par un passage de Bernier, qu'à Cachemire même il se fait deux sortes de schalls, distincts par la matière qu'on y emploie. "Les un, dit ce voyageur, sont de la laine du pays qui est plus fine et plus délicate que la laine d'Espagne, les autres d'une sorte de poil appelé touz, qui se prend sur la poitrine d'une espèce de chèvre sauvage du grand Tibet."
Forster affirmait également que le duvet employé par les tisserands cachemiriens, dans la fabrication de leurs plus beaux schalls, était apporté du Tibet; mais il semblait croire que ce duvet était fourni par une race des chèvres domestiques. A qui, de lui ou de Bernier, devait-on ajouter foi sur ce point ? Peut-être ni à l'un ni à l'autre, aucun d'eux n'ayant pénétré jusqu'au Tibet.
Quoi q u'il en soit, il ne s'agissait pas alors d'éclaircir un point d'histoire naturelle, mais de résoudre une question d'industrie manufacturière, et la marche la plus naturelle était de commencer par examiner le parti qu'on pouvait tirer, dans la fabrication projetée, des matières premières que fournit notre pays.
On se rappelle que les premiers essais furent faits dans les ateliers de M. Ternaux. Les résultats n'en furent pas d'abord encourageants. Quoiqu'on eût choisi les plus belles qualités de laine mérinos, et apporté à la fabrication les soins les plus minutieux, les produits obtenus ne pouvaient évidemment soutenir la concurrence, non pas avec les beaux schalls indiens, mais avec les plus communs, avec ceux qui entouraient le turban ou formaient la ceinture des marchands de pipes turques et de pastilles du sérail.
Il fut bien reconnu que cette infériorité dépendait surtout de la qualité des matières premières, et dès lors M. Ternaux résolut de se procurer à tout prix celles qu'emploient les tisserands indiens. Il s'avait qu'une foire, qui est l'entrepôt général de presque tous le commerce de la Russie avec l'Asie, se tient chaque année à Makarieff, ville dépendante du gouvernement de Nischnei-Novogorod, et peu distante de Moscou.
Il espéra y obtenir des renseignements. Un de ses employés reçut en conséquence l'ordre de s'y rendre, et vit en effet, entre les mains d'un Arménien, un échantillon du lainage demandé. Cet homme lui promit de lui en fournir une certaine quantité à la foire prochaine; et en effet, l'année suivante, il en apporta soixante livres, qui parvinrent en France, renfermées dans le coussin d'un courrier russe qui apportait des dépêches à Paris; ce n'était que par fraude qu'on pouvait la faire sortir, car l'exportation en était alors prohibée par la Russie.
Cette petite quantité servit à faire des essais dont les résultats ne furent pas encore satisfaisants, et que la guerre de 1807 força bientôt d'interrompre. Avant même que cette guerre n'éclatât, un second envoi plus considérable que le premier avait été perdu par le naufrage du navire sur lequel il était embarqué. Ne se laissant point décourager par tous ces obstacles, M. Ternaux recommença, à la paix de Tilsitt, de nouvelles tentatives, qui, cette fois, réussirent parfaitement, pour la partie unie des schalls, mais laissèrent encore beaucoup à désirer pour les broderies qui devaient être exécutées par un procédé plus économique que celui de l'Inde, afin de compenser jusqu'à un certain point le prix beaucoup plus élevé de la main-d'œuvre.
Le problème d'ailleurs fut bientôt après résolu de manière satisfaisante par d'autres manufacturier, que l'exemple de M. Ternaux avait piqués d'émulation. Celui-ci, toutefois, pensant que la nouvelle industrie qu'il avait introduite ne serait réellement utile qu'autant que la matière première employée dans la fabrication pourrait être obtenue par des moyens moins incertains et en quantité suffisante pour des besoins qui allaient toujours croissant, conçut l'idée d'en faire un produit indigène.
Il avait remarqué que dans les ventes qui lui étaient faites en Russie, on qualifiait ce duvet de "laine de Perse". Guidé par ce nom, il interrogea plusieurs voyageurs, et apprit de l'un deux que Thamas-Kouli-kan, dans une de ses expéditions en Asie avait amené du Tibet, en Perse, des chèvres à duvet, qui s'étaient depuis lors multipliées dans le royaume de Caboul, dans le Candahar, et jusque dans les provinces de Kerman.
Si, dans des climats aussi différents de celui du Tibet, les chèvres avaient pu prospérer, on devait croire qu'elles réussiraient également bien en France, et M. Ternaux voulut au moins le tenter. La grande difficulté était de trouver une personne capable de remplir cette mission, et qui voulût bien s'en charger. M. Jaubert, professeur de turc à la Bibliothèque royale, consentit à faire ce voyage; il avait déjà été dans le Levant, et pouvait se faire entendre sur une grande partie de la route qu'il devait parcourir.
Le duc de Richelieu, alors ministre des affaires étrangères, s'intéressa à ce projet, et donna à M. Jaubert, près du gouvernement russe, des recommandations qui lui furent d'une grande utilité. M. Jaubert se rendit, par Odessa et Astracan, au camp du général Iermoloff, sous le Caucase. Là, il apprit qu'il trouverait chez les Kirghis de l'Oural l'espèce de chèvre qu'il cherchait, et qu'il ne croyait pas rencontrer si promptement.
S'étant transporté en conséquence dans les steppes situées entre Orembourg et Astracan, il y acheta, en différents lots, près de treize cents animaux, qu'il conduisit, non sans de grandes peines, jusqu'à Caffa. Arrivé dans ce lieu, le troupeau que les fatigues du chemin avaient déjà diminué d'environ trois cents têtes, fut réparti sur deux bâtiments, et envoyé en France, où il arriva dans les premiers mois de l'année 1818. Renfermés dans un espace trop étroit et mal aéré, ces animaux furent bientôt assaillis de maladies qui en firent périr beaucoup pendant le temps de la traversée, et quelque temps encore après. Cependant on parvint à en sauver environ quatre cents, nombre du reste, qui ne tarda pas à s'augmenter par des naissances.
Avant que ces chèvres fussent arrivées, et lorsque l'objet du voyage de M. Jaubert était encore un secret, on apprit par une lettre de M. Huzard fils, qu'il existait dans une partie reculée de l'Ecosse un petit troupeau de chèvres tibétaines, venues par la voie du Bengale, et le gouvernement français en fit acheter quelques individus qui furent placés à l'école vétérinaire d'Alfort.
Enfin, à peu près à la même époque, le Jardin des Plantes reçut de Calcutta un bouc envoyé par MM. Diard et Duvaucel, qui l'avaient obtenu de la Ménagerie du gouverneur de l'Inde, où il était né d'un bouc et d'une chèvre envoyée directement du Cachemire au Bengale. C'est cet animal, vu sous deux aspects différents qui est représenté ci-dessous:
Le bouc du Jardin des Plantes a les oreilles droites, tandis que la plupart des animaux amenés par M. Jaubert, du moins ceux que l'on considérait comme de race pure, les ont pendantes et larges. Le duvet du premier est aussi bien moins abondant, mais il n'est pas moins beau. Quant aux chèvres amenées d'Ecosse, leur duvet tient le milieu pour la quantité entre celui des deux autres races, mais il est décidément inférieur en qualité, de plus, il a l'inconvénient d'être brunâtre.
Les animaux provenant de ces trois origines ont paru bien réussir en France, et le nombre en serait aujourd'hui considérable, si on avait mis à les propager le même zèle que pendant les premières années. Mais il ne paraît pas qu'on ait trouvé un grand avantage à élever ces chèvres, et que le duvet qu'on en obtient coûte moins que celui qui nous vient par le commerce extérieur. Rien ne prouve même que nous ayons la bonne race des chèvres tibétaines, car nous savons qu'il y en a plusieurs distinctes dans l'Asie centrale, et que toutes ont, sous leurs longs poils, un duvet soyeux dont nos chèvres de France elles-mêmes ne sont pas entièrement dépourvues.
Une autre race de chèvres très commune dans l'Asie Mineure, où elle est connue sous le nom de "cara-gueschi" (chèvre noire), et qui se trouve même en Egypte, fournit aussi un duvet assez abondant, cotonneux, et d'un gris tirant sur le jaune. On obtient ce duvet en plâtrant d'une eau saturée de chaux la peau de l'animal encore garnie de ses poils. Après quelques instants, le poils et le duvet se détachent du cuir et se séparent aisément l'un de l'autre.
Ce duvet est importé en Europe, sous le nom de "poil de chevron", on l'emploie à différents usages, principalement pour la fabrique des chapeaux. Marseille en tirait en grande quantité; c'était même pour cette ville l'objet d'un commerce assez important, et l'un des principaux objets de retour contre les produits de nos manufactures qui sont importés en Orient.
Ce n'est pas, au reste, seulement chez les nombreuses variétés de l'espèce chèvre que l'on trouve un duvet analogue; il en existe en plus ou moins grande abondance chez la plupart des mammifères, outre les poils droits qui d'ordinaire paraissent seuls à l'extérieur. Ces derniers son désignés, par les naturalistes, sous le nom de poils soyeux, tandis que, sous le nom de poils laineux, on comprend ce que nous avons appelé duvet chez les chèvres, mais qui, chez d'autres espèces, étant beaucoup moins fin, ne mérite plus un pareil nom.
La proportion des poils laineux et soyeux varie beaucoup d'une espèce à l'autre. Dans les moutons de nos pays tempérés, les premiers l'emportent tellement en nombre, que c'est avec peine qu'on retrouve quelques poils droits; mais chez plusieurs races de pays chauds, dans le mouton du Nepaul, par exemple, dans celui de la Haute-Egypte, le poils soyeux redevient prédominant, et la laine est presque réduite à rien. Cependant au Sénégal quelques uns de ces moutons à pois dur portent près de la peau une laine comparable, à certains égards, au duvet des chèvres tibétaines, et au moins aussi abondante.
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