Oppède Le Vieux en 1941
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RECONSTRUIRE… Jamais un mot n'a connu telle fortune. Les chantiers se multiplient. Ici même au printemps dernier on tentait d'escalader tous ces échafaudages dressés au ciel et qui couvrent la terre de France d'une dentelle de bois et de fer.
A l'est, au nord, à l'ouest, partout il fallait réédifier, rebâtir, refaire. Maîtres d'œuvre et artisans, maçons et compagnons, chacun donne le meilleur de sa substance et de sa foi: son esprit, ses muscles, son cœur. Effort magnanime et largement célébré parce que utile, indispensable, nécessaire.
Mais voici peut-être mieux. On entreprend de relever un antique village de Provence expirant et plus qu'à demi ruiné non par le fait de la guerre, mais par le temps, les circonstances, le délaissement des hommes.
N'est-ce pas que c'est beau, ce geste qui n'a pas d'utilité immédiate?
On retrouve là ce goût de ce qui peut sembler superflu, caractéristique de notre race. C'est peut-être du luxe, mais un luxe qui a des vertus singulières et une valeur d'exemple. C'est un luxe créateur.
Histoire d'un village.
Il s'appelle Oppède ce village, et j'aime ce nom de citadelle. On dirait qu'avec lui un peu de la grandeur romaine subsiste dans ce bourg.
Entre Apt et Cavaillon, dans le Comtat, il étage aux flancs d'un coteau détaché du Luberon des murs croulants, des chapelles, les restes d'un prieuré et, tout à la pointe, un donjon et d'énormes assises éventrées.
Le village d'Oppède Le Vieux: de gauche à droite, sur la colline, l'église, le prieuré, le château.
Le village d'Oppède Le Vieux en 2010 - photo de Francis Manguy.
Des chênes, des cyprès et des pins allument dans les pierres grises des flammes vertes. Au bas de la pente, quelques maisons à demi restaurées tendent leurs toits de tuiles romaines aux teintes amorties de tapis usés. Enfin, tout seul en avant, détaché en estafette, un colombier – qui fut peut-être un moulin – arrondit une tour taillée en sifflet.
Groupes de maisons en partie restaurées, le colombier (flèche rouge à droite).
Il y eut là jadis deux cents feux et huit cents âmes. Disputé entre les comtes de Toulouse et les papes d'Avignon, assiégé, pris, repris, libéré de nouveau, ce village a sa chronique, qui, comme celle des bourgs fortifiés du XIIe au XVIe siècles, est tissée de fumée, de flammes et de sang.
Il finit par rester attaché au Comtat, surveillé par l'évêque de Cavaillon et pourvu de franchises indéniables qui permettaient à son "parlement" – c'est le mot pompeux inscrit sur les vieux parchemins pour désigner les chefs de famille qui le composaient – de délibérer et de décider en matière municipale.
Il eut des capitaines-châtelains, des bailes, qui rendaient la justice, des syndics, acteurs ou procureurs délégués par son "parlement", des prieurs, des garnissons, des arbalétriers, des arquebusiers, des notaires. Les trois ordres étaient représentés et Oppède comptait, outre, quelques familles nobles et des membres du clergé, des bourgeois et des paysans.
Il vécut ainsi jusqu'à la Révolution, qui balaya, déclassa, nivela et en fit une banale commune entre mille autres.
Campé sur sa hauteur – abrupte et taillée à pic côté de sa citadelle – le vieux village se gardait de descendre dans la vallée du Calavon, qui s'ouvre largement au-dessous de lui. Accrochés à de maigres champs et à des jardins en amphithéâtre coupés de murtins, ses paysans durant des siècles peinèrent sur la glèbe, remontant sur leur dos dans des hottes la bonne terre que les pluies d'orage emportaient et faisaient couler comme une boueuse rivière. Un tenace effort, une longue patience…
Mais un jour ils se lassèrent et s'enfuirent un à un, chaque année marquant un abandon. Les terres du bas étaient plus grasses, plus fertiles, plus faciles à défoncer. Entre 1907 et 1911 cet exode prit l'allure d'une fuite. Un autre village naissait dans la plaine, dans le hameau des Poulivets, tandis que le vieil Oppède se vidait, tous les jours plus exsangue. La mairie longtemps résista. Puis à son tour, environ 1911 ou 1912, elle déménagea et tout fut consommé.
Mais, tandis que les hommes partaient, la végétation s'emparait d'Oppède. Aujourd'hui elle a tout pris, tout envahi, tout conquis. Arbres, arbustes, lianes, ronces, lichens, mousses et toutes les mille herbes folles qui n'ont pas de nom, tout cela a crû prodigieusement, forçant les seuils disjoignant les pierres, se glissant par les fenêtres, soulevant les planchers, crevant les toits.
La branche se marie au linteau, le volubilis et le liseron agrémentent la corniche, l'arbre s'insinue dans le mur, l'écartèle et le fait éclater. Et je songe à Ankor, où la forêt et les temples se conjuguent si fantastiquement qu'on ne les démêle plus. L'herbe a mangé les cailloux et les sentes dévalent comme des fleuves verts.
Envahies par le lierre, les herbes et les branches d'arbre, les murailles menacent ruine.
2010: quelques pierres manquent à l'appel!...
Il souffle un vent froid et débridé qui hurle, mugit et tonne comme s'il voulait déraciner le vieil Oppède. Nous avons franchi, après une agréable place herbeuse que bornent quelques maisons encore debout ou restaurées, le porche de l'ancienne mairie et, par une rue en S, nous grimpons vers le château.
Nous entrevoyons au passage des fenêtres Renaissance, des arcades noires, des pignons qui menacent. Une chapelle dans le goût du XVIIe siècle dresse à notre droite son fronton classique. Puis à l'orée d'une voie qui monte vers l'église, une humble croix de pierre très vieille, très usée, comme accablée de toutes les détresses qu'elle a vues.
A l'orée d'une voie qui monte vers l'église, une croix de pierre très vieille…
Plus haut, le prieuré, au cloître menu, aux fenêtres qui ouvrent sur le vide. L'église, lourde et comme serrée dans une armure, avec une tour octogonale dont les cloches tintent encore pour les enterrements et les baptêmes qu'on célèbre dans le petit sanctuaire sans clocher du nouvel Oppède…
Les ruines du vieux prieuré.
Le cloître du prieuré – au fonds des tuiles rondes conservées pour la restauration des toitures.
Au-dessus, le château, dont les murailles s'entr'ouvrent comme une grenade éclatée.
Ce qui reste du château d'Oppède Le Vieux.
Les artisans de la première heure.
Tout ici cependant n'est pas que ruines et deuil. Ce village ne voulait pas mourir. Du moins certains ne le voulaient pas. Au premier rang, son maire, le docteur Roumagoux, un parisien de Provence qui depuis trente ans essaie de faire réviser le procès de ces pierres abandonnées.
L'œil spirituel, le verbe vif et nuancé, le visage allongé par une courte barbiche blanche, le maire d'Oppède (M. Dumas) parle avec tendresse du vieux village. Cela ne l'empêche pas de vivre dans le présent. Il a fait bâtir pour le bas pays une maison commune, d'aspect fort peu administratif, qu'éclairent des toiles d'artistes contemporains et des reproductions de chefs-d'œuvre de la sculpture.
Il rêve actuellement de doter ses administrés d'une piscine que jouxtera, comme dans les termes antiques, un vaste terrain de sport.
Avec lui d'autres ont ici restauré et maintenu: le neveu du félibre Aubanel, gendre du marquis Folco de Baroncelli (infos), qui unit le goût des vers provençaux à celui des chevaux de Camargue, des livres rares, de la musique; le maître maçon Bonnet, dont les ancêtres habitaient Oppède sous le règne de François Ier; l'aubergiste Assier, qui a fait le tour du monde et qui possède comme Tartarin – une collection de flèches empoisonnées; l'un des conservateurs du musée Calvet, en Avignon, maître Germain, qui a reconstruit lui-même son logis, qu'il parachève à chaque saison nouvelle; la charmante femme d'un brillant officier de marine.
Nous arrivons devant une longue façade austère et grande percée d'une porte ronde au sommet d'un délicieux escalier droit à rampes de pierre longuement usées et patinées par les siècles. Des pins-parasols enveloppent la maison qui prend une grâce italienne. C'est la demeure de M. de Gabrielli (infos), dont la famille se trouvait déjà dans le pays au temps des marquis de Forbin (infos), maîtres du vieux château écroulé.
En contre-bas quelques toits aux tuiles rondes attestent une restauration récente. Plus haut on restaure aussi le prieuré. Celui-ci fut acquis en 1939 par un newyorkais, M. Alexey Brodovitch (infos), professeur à l'école du musée de Pennsylvanie et directeur du Harper's Bazaar (infos),qui se proposait de révéler chaque été à de jeunes étudiants américains les beautés d'Oppède et de sa région. Mais ce fut la guerre…
Un trio.
Et voici précisément que la guerre contribue à cette œuvre de relèvement. Au lendemain de l'armistice, trois jeunes architectes parisiens se retrouvent à Pau. Ils se nomment Auproux, Margaritis et Brodovitch, le propre neveu de l'acheteur américain du prieuré.
Celui-ci entraîne ses deux compagnons à Oppède, où ils campent dans un antique moulin à huile délabré, mais hanté par les muses, la jeunesse et le soleil. Que faire? Relever Oppède? Pourquoi pas? Et, en collaboration avec le maître maçon Bonnet, ils s'attellent à l'œuvre de résurrection.
Un contrefort enjambe une rue embroussaillée.
Ce dernier les a vus arriver avec quelque méfiance et peut-être intérieurement se gausse-t-il de ces parisiens plus aptes à faire de phrases qu'à se servir de leurs muscles. Mais les parisiens ne boudent point à l'ouvrage. En quelques jours ils transportent du bas de la colline au prieuré plusieurs mètres cubes de sable qu'ils charrient par sacs de 50 kilos sur les épaules.
Puis ils amènent de l'eau, du plâtre, du ciment, de lourdes poutres. Ils se soumettent, ces intellectuels, à la discipline du maître maçon et apprennent ainsi leur métier par le commencement: manœuvres, gâcheurs de plâtre, couvreurs.
Mais, quand il s'agit de dresser un plan logique, de retrouver des lignes primitives de l'édifice, ils ont leur mot à dire, et c'est à son tour maître Bonnet qui écoute et va à l'école. Cependant ils apprennent à devenir des maîtres d'œuvre à la façon du moyen âge.
Ils découvrent que pour faire du bon travail il faut rester sur le chantier et non dans son cabinet. Illustrant cette découverte, M. Margaritis a acquis une roulotte dont il a fait son bureau et sa chambre et, architecte décorateur devenu architecte rural, comme il le dit plaisamment, il se propose d'aller sur place suivre les travaux qu'il veut réaliser.
La roulotte dans laquelle l'architecte, M. Margaritis travaille à l'établissement des maquettes.
En ce matin frais d'octobre, tandis que le mistral nous sonne aux oreilles des aubades enragées, nous quittons ensemble la roulotte pour grimper à mi-pente du bourg. Là se dresse la future maison du jeune architecte. Prestement il grimpe sur une échelle et vérifie la voûte de la cave qui soutiendra tout l'édifice. Puis il se hisse sur le palier supérieur et, la scie à la main, attaque directement le roc de la colline, dont-il détache des blocs destinés à son logis. Bon courage!
L'architecte, M. Margaritis au travail.
La cité des muses.
Autour de nous cependant le village s'anime. Le fils de l'aubergiste attelle un bon chien à un véhicule de fortune; un artiste chaussé d'énormes brodequins revient de la corvée de bois; un autre arrive tout emmitouflé, les bras chargés d'un pain et de deux bouteilles; une jeune femme saute à la corde pour se réchauffer. Que veut dire et cela?
Cela veut dire que depuis les trois pionniers de juillet 1940 le cercle s'est agrandi. L'atelier Beaudoin de l'Ecole des beaux-arts de Paris, dont fit partie M. Margaritis, a émigré à Marseille. Le maître bienveillant et compréhensif, s'est intéressé à l'effort de ces jeunes gens et a fait d'Oppède une succursale où il a détaché plusieurs de ses élèves, notamment le plus récent prix de Rome d'architecture, M. Bernard Zehrfuss (infos), promu en 1939.
Celui-ci est devenu le chef de la petite troupe, qui rassemble à présent une douzaine d'architectes, des peinres, un fresquiste, un décorateur, un sculpteur, au total une vingtaine de jeunes ardents, enthousiastes, riches de projets et d'illusions, citoyens d'une nouvelle cité des muses.
Ateliers improvisés où s'élaborent les travaux de réfection d'Oppède Le Vieux.
Une popote et un dortoir ont été installés pour les célibataires dans le vieil hôtel-Dieu aux murs épais comme ceux d'une forteresse. Les deux ou trois couples agrégés au groupe – car il y a des femmes artistes – se sont nichés en des logis de fortune. Un autre vaste bâtiment aux grands salles délabrées abrite les ateliers au premier tournant de la rue en S.
Au bas du pays une manière de grange voûtée est tapissée des projets du groupe, qui ont été exposés à Marseille, puis au musée Calvet, en Avignon.
Je les ai vus, ces projets, et ils m'ont paru intéressants et aussi un peu théoriques et ambitieux. Oppède, dont on voit un plan à grande échelle avec les travaux en cours est représenté comme le futur centre d'une vaste cité corporative qui grouperait artisans et corps de métier de toutes sortes.
Les fermes isolées, abandonnées par les paysans, seraient restaurées pour abriter artistes, ouvriers et artisans. Dans les ateliers d'Oppède, maîtres et apprentis, intellectuels et manuels travailleraient en commun. Là viendrait s'initier et apprendre à se connaître les uns les autres: charpentiers, ébénistes, luthiers, menuisiers, carriers, tailleurs de pierre, maçons, tous logés aux alentours de la cité.
Il y aurait des céramistes, des potiers, des faïenciers, des verriers, des vitrailleurs, etc., à Apt; des peintres, des affichistes, des décorateurs, à Gordes; des graveurs imagiers et des imprimeurs à Vaucluse; enfin des spécialistes des métiers du fer et de l'acier à l'Isle-sur-la-Sorgue.
Ainsi serait constitué un vaste centre de maîtrise dont les sujets se renouvelleraient, essaimant les élèves devenus des maîtres à travers la France.
Le secrétaire d'Etat à la Jeunesse s'est intéressé au groupe et à ses projets. Il lui a dispensé des allocations journalières et des subventions. Il a eu raison: primum vivere… A ces jeunes maintenant de justifier cette confiance.
Au crépuscule de cette deuxième journée, pleine jusqu'au bord de visions, de souvenirs, d'aperçus, nous nous retrouvons dans un de ces intérieurs au charme suranné, pénétrant, intime, aménagés par ces artisans de la première heure évoqués au début de cette étude.
Un concert dans la maison restaurée de M. Aubanel.
Un feu de bois se consume doucement dans l'âtre, le soir accroche un reflet sur l'or des cadres, allume une braise sur une laque ou un meuble, fait chatoyer une reluire ternie. Et, muets, attentifs, nous écoutons s'exalter, pleurer ou sourire un violoncelle et un piano.
Deux grands artistes, le violoncelliste Jacques Serres et sa jeune femme Ady Leyvastre, jouent pour notre enchantement et notre joie. Ils sont les fondateurs, eux aussi, d'un groupe oppédien, le groupe musical, qui, avec deux ou trois autres collaborateurs, va initier les petits villageois des hameaux voisins aux beautés riantes ou sévères de la musique.
M. Jacques Serres, au violoncelle et son épouse Ady Leyvastre, au piano.
Samedi 25 janvier 1936 à 21h, Maison Pleyel, Salle Chopin, 8 rue Daru, Paris, 565e concert donné par la Société Nationale de Musique, L'AMERTUME (Jean Moréas) poème pour chant, hautbois, clarinette, violoncelle et piano, par Mme Suzanne Peignot, MM. Painboeuf, Claro, Mmes Briclot-Simonot, d'Aleman Au même programme et en 1ère audition: René Michaux (Quatuor à cordes), Marcel Landowski (2 mélodies), Odette Fayay (danse de la princesse Soriawong), Robert Bernard (sonate en si pour alto et piano), Pierre Revel (mélodies), Jean Villatte (2 pièces pour piano), Arthur Petronio (Suite pour violoncelle et piano) Autres interprètes: M. Jacques Serres, Mme Ady Leyvast.
Cependant la jeune femme attaque sur le clavier vibrant la première phrase de "L'arrivée en Cerdagne" de Deodat de Séverac (1872 - 1921). Cette musique large et colorée (écoute) emplit la pièce et nos cœurs d'une ample vision de rochers âpres, de mules sonnantes, de muletiers bruns agiles et sauvages, avec, au lointain, des crêtes nettes et découpées. Notre rêverie monte avec elle et dans une fumée d'harmonie se plait à bâtir le futur Oppède.
Que sera-t-il? Un vaste centre, ruche laborieuse et animée? C'est possible, mais je n'en suis pas sûr. Par contre, peu à peu, en quinze, vingt ans, les maisons se relèveront, se peupleront d'amis de la solitude, d'artistes, de poètes.
Oppède deviendra, comme les Baux, en Provence; Pérouges, dans le Dauphiné; Cordes, dans le Languedoc rouge, une ville d'art, un musée exquis et rare. Ce sera un de ces lieux élus où l'on vient quelques instants faire oraison au-dessus et au delà de la vie quotidienne.
Paul-Emile Cadilhac
L'Illustration – 29 novembre 1941
Bernard Zehrfuss et le groupe d'Oppède
En 1929, à l’âge de 18 ans, Bernard Zehrfuss entre à l’École des Beaux-Arts et choisit l’atelier Pontremolli. un rémois délicieux et noctambule, Paul Herbe, qui pratique ironie et paradoxe et pour qui rien n’est à retenir ou à écarter, sauf la sottise, devient son deuxième maître et son ami avec lequel il va passer des nuits à disserter d’architecture.
A l’issue d’une École brillante, qu’il reconnaît très joyeuse, il fait une moisson de récompenses, dont le prix Achille Leclère et en 1939, le Grand Prix de Rome, sur un programme aujourd’hui désuet, le palais de l’empire colonial français.
L’armée, toujours prête à utiliser les compétences de chacun, fortement conseillée par le sculpteur Paul Landowski, alors directeur de l’Ecole des Beaux-Arts, affecte Bernard Zehrfuss, Grand Prix de Rome, au service du camouflage et l’envoi à ce titre au Liban où il sera finalement démobilisé.
Il revient à Marseille où l’attendent sa mère et ses deux sœurs. A Marseille, il retrouve plus d’un membre de cette autre famille que crée douze années d’école: et d’abord son grand ancien Eugène Beaudoin qui le prend comme assistant dans son atelier local; il y retrouve aussi ses contemporains, ses condisciples: Jean Auproux, Brodovitch, Chauffeney, Le Couteur, Margaritis qui l’invitent à les rejoindre dans la garrigue, dans un village abandonné, pour y participer à une communauté d’artistes, bientôt connus sous le nom de groupe d’Oppède.
Ils reçoivent les visites de Max Ernst, de Duchamp, de Consuelo de Saint Exupéry, d'Arthur Adamow et de René Char. Zehrfuss, devenu le signe de ralliement de ce groupe est contraint de rejoindre à Nice, la Villa Paradisio, qui remplace la Villa Médicis, et faute de pouvoir faire des « envois de Rome », il propose à l’administration, qui accepte, des travaux portant sur les ensembles classiques en Méditerranée.
D’où les relevés du jardin de la Fontaine de Nîmes, de la Place du Péyrou à Montpellier, de Sète, et finalement il se retrouve en Espagne où il est accueilli par le Directeur de l’Institut Français de Barcelone, qui propose aux Prix de Rome de dresser les plans du nouvel établissement qu’il projette.
Il reviendra à Michel Folliasson (infos) de retracer la vie et les travaux de Bernard Zehrfuss à l’occasion de son installation comme membre de la Section Architecture à l'Institut de France, le 24 mars 1999.
► Texte intégral de l'hommage de Michel Folliasson: cliquer - ici -
Bibliographie
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Alexey Brodovitch
Auteur: Kerry William Purcell
Langue: Français
Editeur: PHAIDON
Broché
Dimensions: 290 x 250 mm
Pages: 272
Illustrations: 275 en couleur, 75 en noir et blanc
Date de parution: 2004
ISBN-13: 9780714894003
Alexey Brodovitch (1898-1971) est une légende parmi les designers graphiques. Un russe qui s’est enfui de la Révolution Bolchevique et s’est installé à Paris puis à New York. Cette monographie est la plus complète sur la vie et l’œuvre d’Alexey Brodovitch, figure du monde des arts graphiques au XXe siècle. Elle met en lumière les grandes réalisations de Brodovitch en tant que directeur artistique de Harper’s Bazaar, sa collaboration avec Richard Avedon et André Kertész ainsi que son rôle de professeur qui influença toute une génération de jeunes photographes et designers. Elle Reproduit intégralement trois livres de photographies conçus par Brodovitch, dont le très rare Ballet, et trois numéros de Portfolio, célèbre revue très recherchée aujourd’hui des collectionneurs.
Kerry William Purcell est écrivain, conférencier et éditeur de photographie indépendant. Ancien archiviste de la Photographers Gallery de Londres, il a beaucoup écrit sur le cinéma et la photographie.
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Oppède
Auteur: Consuelo de Saint Exupéry
Langue: Français
Editeurs: Brentano's et Gallimard (nrf)
In-8, broché
Dimensions :
Pages: 290
Illustrations: 19 en noir et blanc (édition Brentano's)
Date de parution: New-york - avril 1945
Date de parution: Gallimard : 17 juillet 1945
ISBN-13: 978-2070256693
Les habitants qui, en 1940, n'étaient plus qu'au nombre de 700 environ, vivent dans la plaine. Mais c'est dans la vieille ville, dans le château et les vieilles maisons abandonnées au sommet du rocher que Consuelo de Saint Exupery s'était réfugiée au lendemain de l'armistice de 1940. C'est là que, dans la pauvreté et dans la faim, un groupe d'architectes et d'artistes entreprirent de continuer l'enseignement de leur art pour que les survivants soient prêts â rebâtir quand cesserait l'ère de destruction.
Lorsque Consuelo de Saint Exupery partit en 1942 pour rejoindre son mari aux Etats-Unis, elle fit serment à ses amis de raconter l'histoire du groupe d'Oppède. Ce livre, où l'irréel semble se mélanger au réel, est l'accomplissement de sa promesse.
On y voit la naissance de l'entreprise - son développement, au milieu des embûches de toutes sortes que lui tendirent l'envie, la méchanceté, la sottise. consuelo de Saint-Exupéry conte avec humour, avec tendresse, avec passion. son livre est un livre vivant, parce qu'il est le livre de l'énergie et de l'espoir.
Au mois de mai 1944. elle avait envoyé quelques chapitres de son récit à Antoine de Saint Exupéry, et d'Alger où se trouvait son escadrille, il lui avait dit dans un télégramme: "Félicitations enthousiastes pour votre livre stop Ecrirai pour vous plus belle préface du monde."
La mort glorieuse que l'on sait l'empêcha de réaliser ce projet.
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Bernard Zehrfuss
Auteur: Christine Desmoulins
Langue: Français
Editeur: Infolio
Collection: Carnets d'architectes
Broché
Dimensions: 165 x 210 mm
Pages: 192
Prix: 20 €
Date de parution: 25.09.2008
ISBN-13: 978-2-88474-134-7
Cet ouvrage est la première monographie consacrée à Bernard Zehrfuss, Grand prix de Rome en 1939, qui dirige la reconstruction de la Tunisie et s'engage très tôt dans la modernité pour se rallier aux modes de production les plus novateurs. Figure majeure de l'architecture de la seconde moitié du XXe siècle en France, auteur ou coauteur de quelques-uns des bâtiments les plus marquants de l'après-guerre. On citera notamment l'imprimerie Mame à Tours, l'usine Renault de Flins, le siège de l'Unesco à Paris, le CNIT à La Défense ou, plus tard, le musée de la Civilisation gallo-romaine à Lyon. Au fil de ces projets, Zehrfuss collabore avec les plus grands ingénieurs ou constructeurs de son temps (Jean Prouvé, Pier Luigi Nervi).
Critique d'architecture, Christine Desmoulins collabore à diverses revues en France et à l'étranger. Auteur de nombreux ouvrages: comme 25 musées ou 25 maisons du bord de mer (Editions du Moniteur) ou Villas modernes en banlieue ouest (Ed. Alternatives), de plusieurs monographies d'architectes et d'une thèse su Bernard Zehrfuss, elle est aussi commissaire d'expositions et a créé aux Editions Norma une collection de livres-jeux sur l'architecture.
Au sommaire:
• Une poétique de la structure.
• L'imprimerie Mame à Tours.
• L'usine Renault de Flins.
• Le siège de l'Unesco.
• L'aménagement de la Défense et le CNIT.
• Projet de gratte-ciel à la Défense.
• Le musée de Lyon.
• Répertoire des œuvres.
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