Pape Urbain II - concile de Clermont en 1095 - La première croisade de 1096 - Sébastien Mamerot, Les Passages d’Outremer

 

  Chronologie des croisades

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Siège de Jérusalem (1099) - Sébastie Mamerot - Les Passages

 

  

   I.  Prodromes

 

  - 1050 - calendrier - ici -

 

Début de la conquête seldjoukide avec Toghrul-Beg qui fait de Rey (englobée dans l'actuelle Téhéran) sa capitale.

 

  - 1054 - calendrier - ici -

 

Début du grand schisme d'Orient de Michel Cérulaire (vers 1000 † 1059), patriarche de Constantinople. Il est l'aboutissement de nombreuses décennies de conflits et de réconciliations entre les Eglises d'Occident et d'Orient.

 

  - 1061 - calendrier - ici -

 

Début de la conquête de la Sicile sur les Zirides musulmans par Roger Bosse, future Roger Ier de Sicile (vers 1031 † 1101), aventurier normand à l'origine du futur royaume de Sicile. 1661 voit la prise de Messine par son frère aîné, Robert Guiscard (vers 1020 † 1085).

 

  - 1063 - calendrier - ici -

 

Le 8 mai, Ramire Ier d'Aragon (vers 1000 † 1063), est battu et tué lors du siège de Graus, ce qui déclenche la "croisade de Barbastro. Des troupes venues de Catalogne, de France et d'Italie et des Normands interviennent en Espagne dans la Reconquista à l'appel du pape Alexandre II (vers 1010 † 1073). De 1063 à 1120, plus de 20 expéditions françaises viendront en aide aux chrétiens espagnols.

 

  - 1064 - calendrier - ici -

 

Les Turcs seldjoukides sous les ordres de Alp Arslan (1029 † 1072), font la conquête de l'Arménie et rase la capitale Ani, ce qui obligent les Arméniens à se disperser. A l'automne, départ d'un pèlerinage en Terre Sainte conduit notamment par l’évêque allemand Günter de Bamberg. Cette expédition armée suivie par des milliers de personnes, s'achèvera en 1065. 

 

Début août, après 40 jours de siège, une coalition chrétienne commandée par le Guillaume VIII (1023 † 1086), duc d'Aquitaine s'empare de la ville de Barbastro. La forteresse sera reprise par les musulmans en avril 1065.

 

  - 1071 - calendrier - ici -

 

Au cours du printemps et de l'été, le Turkmène Atzis, vassal du Saljûqide Alp Arslan (vers 1029 † vers 1072), prend Ramla aux Fatimides et assiège Jérusalem.

 

Le 26 août, les Byzantins sont vaincus à la bataille de Manzikert par les Seldjoukides. L'empereur Byzantin Romain IV Diogène (vers 1030 † 1072), fait prisonnier, est retenu jusqu'à ce qu'il signe une paix très défavorable qui l'engage à payer la somme de 1 500 000 pièces d’or pour sa rançon, ainsi qu'un tribut annuel de 360 000 pièces d’or. Après un échange de prisonniers la paix et conclue pour 50 ans.

 

  - 1072 - calendrier - ici -

 

Le 10 janvier, les Normands et leurs troupes navales dirigées par Robert Guiscard (vers 1020 † 1085), et sur terre par son frère Roger de Hauteville (vers 1031 † 1101), prennent Palerme aux Musulmans. Le 15 décembre, Alp Arslan est tué lors d’une campagne contre les Karakhanides. Son fils Malik Shah Ier (1055 † 1092) lui succède comme sultan des Seldjoukides.

 

  - 1073 - calendrier - ici -

 

En juin/juillet, le Turkmène Atzis, vassal du Saljûqide Alp Arslan prend Jérusalem aux Fatimides après deux ans de siège, et s'empare de la Palestine à l'exception d'Ascalon et rétablit le sunnisme.

 

Révolte du Normand Roussel de Bailleul (? † 1078), chef des auxiliaires normands de l'armée byzantine d'Orient, tente de se tailler une principauté indépendante en Asie Mineure. Après avoir menacé Constantinople, il est vaincu en 1074 par Alexis Comnène.

 

  - 1074 - calendrier - ici -

 

Le 7 décembre, le pape Grégoire VII (1015/1020 † 1085), adresse une lettre à l'empereur Henri IV du Saint-Empire (1050 † 1106), l'informant qu'il projette une expédition au secours des chrétiens d’Orient dont il prendrait lui-même la tête après lui avoir confié la défense des intérêts de l’Eglise.

 

  - 1076 - calendrier - ici -

 

Le Turkmène Atsiz, vassal des Seljoukides prend la ville de Damas aux Fatimides.

 

  - 1081 - calendrier - ici -

 

Le 1er avril, l'empereur Alexis Ier Comnène (vers 1058 † 1118) et son frère Isaac, rentrent dans Constantinople et renversent Nicéphore III Botaniatès (vers 1001 † 1081), à la faveur d’une mutinerie de l’armée. Fin de la dynastie macédonienne.

 

Alexis Ier Comnène signe avec le Seldjoukide Suleyman ibn Kutulmuch (? † 1086), un accord par lequel il peut faire de Nicée sa capitale, et contrôler le centre-ouest de l'Asie Mineure à l'exception de la côte égéenne.

 

  - 1082 - calendrier - ici -

 

Bulle d'Or ou chrysobulle (infos), par laquelle Venise acquiert de la chancellerie impériale de Byzance des privilèges commerciaux dans l'empire byzantin. Elle se voit concéder un quartier entier à Constantinople, et ses marchands sont exemptés du Kommerkion.

 

  - 1085 - calendrier - ici -

 

Après la prise d'Antioche, Suleyman ibn Kutulmuch (? † 1086), marche sur Alep où il est vaincu par Abu Sa'id Taj ad-Dawla Tutush I (? † 1095). Le 25 mai, Alphonse VI (av. juin 1040 † 1109), roi de Castille et de León prend Tolède aux Maures, après deux ans de siège.

 

  - 1088 - calendrier - ici -

 

Election le 12 mars du pape Urbain II (1042 † 1099).

 

  - 1092 - calendrier - ici -

 

La mort de Malik Chah Ier (1055 † 1092), conduit à la division entre ses quatre fils de l'empire des Grands Seljoukides, qui s'étend du Taurus aux frontières de l’Arabie et de l’Inde.

 

  - 1095 - calendrier - ici -

 

Du 1er au 7 mars, le pape Urbain II (1042 † 1099) rentré dans Rome après avoir affermi son pouvoir, convoque un concile à Plaisance, où une ambassade byzantine d'Alexis Ier Comnène (vers 1058 † 1118), vient requérir l’aide de guerriers occidentaux pour lutter contre les Turcs seldjoukides.

 

Concile de Clermont (18-24 novembre), où Urbain II prêche lors de la clôture, la première croisade d’Orient. Dès lors, de nombreux prédicateurs parcourent alors les campagnes pour haranguer les foules. Le plus connus est Pierre l’Ermite (vers 1053 † après 1115), qui commence sa prédication dans le Berry, pour finir en Rhénanie.

 

Le 1er décembre, Raymond de Saint-Gilles (vers 1042 † 1105), comte de Toulouse et de Provence, fait savoir au pape qu'il participera à la croisade.

 

 

  

   Discours du pape d'Urbain II - 1095

 

  

  Version de Robert Moine

 

Né à Châtillon-sur-Marne vers 1042, Odon de Lagery se fit moine et entra à Cluny à l'âge de vingt-trois ans environ. Le grand pape Grégoire VII le remarqua, lui donna un évêché en Italie et le fit cardinal en 1078. Envoyé en 1084 comme légat du pape en Allemagne il monta sur le trône pontifical quatre ans après sous le nom d'Urbain II.

 

Il se voulait pape réformateur et entendait marcher sur les traces de son illustre protecteur Grégoire VII. En 1095 fut réuni à son instigation un concile à Clermont-Ferrand, où furent arrêtées des mesures particulièrement rigoureuses contre un clergé qui persistait à demeurer vénal et dissolu. Philippe 1er, roi de France, fut excommunié pour avoir renvoyé sa femme légitime.

 

Après quoi le pape lança un appel passionné en faveur de la croisade, qui eut un immense retentissement. De son discours improvisé il existe Plusieurs versions. On trouvera ici celles données par Robert Moine et Foucher de Chartres. Elles offrent des différences sensibles.

 

L'an de l'incarnation 1095, s'assembla dans la Gaule un grand concile en la province d'Auvergne et en la ville appelée Clermont. Il fut présidé par le pape Urbain II, des cardinaux et des évêques; ce concile fut très célèbre par un grand concours de Français et d'Allemands, tant évêques que princes.

 

Après y avoir réglé les affaires ecclésiastiques, le pape sortit sur une place spacieuse, car aucun édifice ne pouvait contenir ceux qui venaient l'écouter. Alors, avec la douceur d'une persuasive éloquence, s'adressant à tous:

 

"Hommes français, hommes d'au-delà des montagnes, nations, ainsi qu'on le voit briller dans vos œuvres, choisies et chéries de Dieu, et séparées des autres peuples de l'univers, tant par la situation de votre territoire que par la foi catholique et l'honneur que vous rendez à la sainte Église, c'est à vous que nous adressons nos paroles, c'est vers vous que se dirigent nos exhortations: nous voulons vous faire connaître quelle cause douloureuse nous a amené dans vos pays, comment nous y avons été attiré par vos besoins et ceux de tous les fidèles.

 

"Des confins de Jérusalem et de la ville de Constantinople nous sont parvenus de tristes récits; souvent déjà nos oreilles en avaient été frappées; des peuples du royaume des Persans, nation maudite, nation entièrement étrangère à Dieu, race qui n'a point tourné son cœur vers lui, et n'a point confié son esprit au Seigneur, a envahi en ces contrées les terres des chrétiens, les a dévastées par le fer, le pillage, l'incendie, a emmené une partie d'entre eux captifs dans son pays, en a mis d'autres misérablement à mort, a renversé de fond en comble les églises de Dieu, ou les a fait servir aux cérémonies de son culte; ces hommes renversent les autels après les avoir souillés de leurs impuretés; ils circoncisent les chrétiens, et font couler le sang des circoncis, ou sur les autels, ou dans les vases baptismaux; ceux qu'ils veulent faire périr d'une mort honteuse, ils leur percent le nombril, en font sortir l'extrémité des intestins, la lient à un pieu; puis, à coups de fouet, les obligent de courir autour jusqu'à ce que, leurs entrailles sortant de leur corps, ils tombent à terre, privés de vie.

 

"D'autres, attachés à un poteau, sont percés de flèches; à quelques autres, ils font tendre le cou, et, se jetant sur eux, le glaive à la main, s'exercent à le trancher d'un seul coup. Que dirai-je de l'abominable pollution des femmes? il serait plus fâcheux d'en parler que de s'en taire.

 

"Ils ont démembré l'empire grec, et en ont soumis à leur domination un espace qu'on ne pourrait traverser en deux mois de voyage. A qui donc appartient-il de les punir et de leur arracher ce qu'ils ont envahi, si ce n'est à vous, à qui le Seigneur a accordé par-dessus toutes les autres nations l'insigne gloire des armes, la grandeur de l'âme, l'agilité du corps et la force d'abaisser la tête de ceux qui vous résistent?

 

"Que vos cœurs s'émeuvent et que vos âmes s'excitent au courage par les faits de vos ancêtres, la vertu et la grandeur du roi Charlemagne et de son fils Louis, et de vos autres rois, qui ont détruit la domination des Turcs et étendu dans leur pays l'empire de la sainte Eglise.

 

"Soyez touchés surtout en faveur du saint sépulcre de Jésus-Christ, notre sauveur, possédé par des peuples immondes, et des saints lieux qu'ils déshonorent et souillent avec irrévérence de leurs impuretés.

 

"0 très courageux chevaliers, postérité sortie de pères invincibles, ne dégénérez point, mais rappelez-vous les vertus de vos ancêtres; que si vous vous sentez retenus par le cher amour de vos enfants, de vos parents, de vos femmes, remettez-vous en mémoire ce que dit le Seigneur dans son Evangile: "Qui aime son père et sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi (*).

 

(*) Evangile, Math., chap. 10 v. 37.

 

Quiconque abandonnera pour mon nom sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, en recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle (*)."

 

(*) Ibid., chap. 19. v. 29.

 

"Ne vous laissez retenir par aucun souci pour vos propriétés et les affaires de votre famille, car cette terre que vous habitez, renfermée entre les eaux de la mer et les hauteurs des montagnes, tient à l'étroit votre nombreuse population; elle n'abonde pas en richesses, et fournit à peine à la nourriture de ceux qui la cultivent: de là vient que vous vous déchirez et dévorez à l'envi, que vous élevez des guerres, et que plusieurs périssent par de mutuelles blessures.

 

"Éteignez donc entre vous toute haine, que les querelles se taisent, que les guerres s'apaisent, et que toute l'aigreur de vos dissensions s'assoupisse. Prenez la route du saint sépulcre, arrachez ce pays des mains de ces peuples abominables, et soumettez-le à votre puissance.

 

"Dieu a donné à Israël en propriété cette terre dont l'Écriture dit "qu'il y coule du lait et du miel (*) "; Jérusalem en est le centre, son territoire, fertile par-dessus tous les autres, offre pour ainsi dire les délices d'un autre paradis: le Rédempteur du genre humain l'a illustré par sa venue, honoré de sa résidence, consacré par sa Passion, racheté par sa mort, signalé par sa sépulture.

 

(*) Nombres, chap. 3. v. 28.

 

"Cette cité royale, située au milieu du monde, maintenant tenue captive par ses ennemis, est réduite en la servitude de nations ignorantes de la loi de Dieu; elle vous demande donc et souhaite sa délivrance, et ne cesse de vous implorer pour que vous veniez à son secours.

 

"C'est de vous surtout qu'elle attend de l'aide, parce qu'ainsi que nous vous l'avons dit Dieu vous a accordé, par-dessus toutes les nations, l'insigne gloire des armes: prenez donc cette route, en rémission de vos péchés, et partez, assurés de la gloire impérissable qui vous attend dans le royaume des cieux."

 

Le pape Urbain ayant prononcé ce discours plein d'urbanité et plusieurs autres du même genre, unit en un même sentiment tous ceux qui se trouvaient présents, tellement qu'ils s'écrièrent tous: Dieu le veut! Dieu le veut!

 

Ce qu'ayant entendu le vénérable pontife de Rome, il rendit grâces à Dieu, les yeux élevés au ciel, et, de la main demandant le silence, dit: "Très chers frères, aujourd'hui se manifeste en vous ce que le Seigneur a dit dans son Evangile:

 

Lorsque deux ou trois seront assemblés en mon nom, je serai au milieu d'eux. Car si le Seigneur Dieu n'eût point été dans vos âmes, vous n'eussiez pas tous prononcé une même parole: et en effet, quoique cette parole soit partie d'un grand nombre de bouches, elle n'a eu qu'un même principe; c'est pourquoi je dis que Dieu même l'a prononcée par vous, car c'est lui qui l'avait mise dans votre sein.

 

Qu'elle soit donc dans les combats votre cri de guerre, car cette parole est issue de Dieu: lorsque vous vous élancerez avec une belliqueuse impétuosité contre vos ennemis, que dans l'armée du Seigneur se fasse entendre généralement ce seul cri: Dieu le veut! Dieu le veut!

 

Nous n'ordonnons ni ne conseillons ce voyage ni aux vieillards, ni aux faibles, ni à ceux qui ne sont pas propres aux armes; que cette route ne soit point prise par les femmes sans leurs maris, ou sans leurs frères, ou sans leurs garants légitimes, car de telles personnes sont un embarras plutôt qu'un secours, et deviennent plus à charge qu'utiles.

 

Que les riches aident les pauvres, et emmènent avec eux, à leurs frais, des hommes propres à la guerre; il n'est permis ni aux prêtres ni aux clercs, quel que puisse être leur ordre, de partir sans le congé de leur évêque, car s'ils y allaient sans ce congé, le voyage leur serait inutile; aucun laïc ne devra sagement se mettre en route, si ce n'est avec la bénédiction de son pasteur; quiconque aura donc volonté d'entreprendre ce saint pèlerinage, en prendra l'engagement envers Dieu, et se dévouera en sacrifice comme une hostie vivante, sainte et agréable à Dieu; qu'il porte le signe de la croix du Seigneur sur son front ou sur sa poitrine; que celui qui, en accomplissement de son vœu, voudra se mettre en marche, la place derrière lui entre ses épaules; il accomplira par cette double action le précepte du Seigneur, qui a enseigné dans son Evangile: "Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n'est pas digne de moi (*)."

 

(*) Math., chap; X, v. 38.

 

Ce discours terminé, tous se prosternèrent à terre.

 

Un des cardinaux, nommé Grégoire, prononça pour eux le confiteor; et alors tous, se frappant la poitrine, obtinrent l'absolution des fautes qu'ils avaient commises, et après l'absolution, la bénédiction, et après la bénédiction, la permission de s'en retourner chez eux.

 

 

  

  Version de Foucher de Chartres

 

Cette version a été retranscrite, plusieurs années après, par Foucher de Chartres (vers 1055/1060 † après 1127), sans doute témoin de l'homélie du 27 novembre 1095.

 

Présent en Terre Sainte en 1096, ce dernier est devenu le chapelain de Baudouin de Boulogne avant de mourir à Jérusalem en 1127. De 1100 à 1127, il a rédigé un récit de la première croisade, Historia Hierosolymitana, pour inciter les chevaliers occidentaux à se croiser.

 

[Le pape] passe les Alpes, descend dans les Gaules, envoie de tous côtés des députés indiquer, dans les formes compétentes, la tenue d'un concile en Auvergne, et ordonne qu'il se rassemble dans la cité qui porte le nom de Clermont.

 

Il s'y trouva trois cent dix évêques ou abbés portant la crosse, et députés par les Eglises. Les ayant donc, au jour fixé d'avance, appelés tous auprès de lui, Urbain s'empressa de leur faire connaître dans une allocution pleine de douceur le but de cette réunion.

 

En effet, digne interprète de la voix plaintive de l'Eglise éplorée, il poussa de profonds gémissements, fit aux Pères du concile une longue peinture des nombreux et divers orages qui, comme on l'a détaillé plus haut, agitaient le monde, depuis que toute foi y était détruite, et finit par les supplier instamment et les exhorter tous à reprendre le courage de la véritable foi, à déployer une vive sollicitude et une mâle ardeur, pour renverser les machinations de Satan, et à réunir leurs efforts, afin de relever et rétablir dans son ancienne gloire la puissance de la sainte Eglise, si cruellement affaiblie par les méchants.

 

"Très chers frères, leur dit-il, moi Urbain, revêtu par la permission de Dieu de la tiare apostolique, et suprême pontife de toute la terre, obéissant à l'urgente nécessité des circonstances, je suis descendu dans les Gaules, et venu vers vous, les serviteurs du Très-Haut, comme chargé de vous apporter les avertissements du ciel.

 

"Ceux que j'ai cru les fidèles exécuteurs des ordres du Seigneur, je souhaite qu'ils se montrent tels franchement, et sans se laisser entraîner à aucune honteuse dissimulation. Que s'il se trouvait parmi vous quelque défectuosité ou difformité en opposition avec la loi de Dieu, j'écarterai, par esprit même de justice, toute modération, et, assisté du secours d'en haut, je mettrai mes soins les plus empressés à faire disparaître ces imperfections.

 

"Le Seigneur, en effet, vous a institués les dispensateurs de sa parole envers ses enfants, afin que vous leur distribuiez, suivant les temps, une nourriture relevée par un assaisonnement d'une douce saveur; vous serez heureux si celui qui à la fin vous demandera compte de votre gestion vous reconnaît de fidèles serviteurs.

 

"On vous donne aussi le nom de pasteurs; prenez donc garde de ne point vous conduire à la manière des vils mercenaires. Soyez de vrais pasteurs, ayez toujours la houlette à la main, ne vous endormez pas, et veillez de toutes parts sur le troupeau commis à vos soins.

 

"Si, par l'effet de votre incurie ou de votre paresse, le loup venait à enlever quelqu'une de vos brebis, vous perdriez certainement la récompense qui vous est préparée dans le sein de notre Seigneur, et d'abord durement torturés par les remords déchirants de vos fautes, vous seriez ensuite cruellement précipités dans les abîmes de la funeste et ténébreuse demeure.

 

"Vous êtes, suivant les paroles de l'Évangile, le sel de la terre (*); que si vous trahissiez votre devoir, on se demande comment la terre pourrait recevoir le sel dont elle a besoin. 0 combien est admirable la distribution de ce sel, dont parle l'Écriture!

 

(*) Math. chap. V, v. 13.

 

"Ce qu'il faut que vous fassiez, c'est de corriger, en répandant sur lui le sel de la sagesse, le peuple ignorant et grossier, qui soupire outre toute mesure après les vils plaisirs du monde; prenez garde que, faute de ce sel, ce peuple putréfié par ses péchés n'infecte le Seigneur, lorsqu'un jour le Très-Haut voudra lui adresser la parole.

 

"Si, en effet, par suite de votre négligence à vous acquitter de votre mission, Dieu trouve en ce peuple des vers, c'est-à-dire des péchés, il jettera sur lui un œil de mépris, et ordonnera sur le-champ qu'on le plonge dans le précipice infernal destiné à recevoir toutes les choses impures.

 

"Mais aussi, comme vous ne pourrez lui restituer en bon état ce bien perdu pour lui, il vous condamnera dans sa justice, et vous exilera complètement de l'intimité de son amour. Tout distributeur de ce sel divin doit être prudent, prévoyant, modeste, savant, ami de la paix, observateur éclairé, pieux, juste, équitable, et pur de toute souillure.

 

"Comment en effet un homme ignorant, immodeste, impur, pourrait-il rendre les autres savants, modestes et purs?

 

"Que si on hait la paix, comment la rétablirait-on parmi les autres?

 

"Celui qui aura les mains sales, comment nettoierait-il les saletés de la corruption des autres?

 

"On lit encore dans l'Écriture (*) "que si un aveugle conduit un autre aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse ".

 

(*) Math., chap. XV, v. 14.

 

"Ainsi donc, corrigez-vous d'abord vous-mêmes, et montrez-vous au-dessus de tout reproche, afin de pouvoir corriger ceux qui vous sont soumis. Voulez-vous être les amis de Dieu, faites librement les choses que vous sentez lui être agréables; veillez principalement à ce que les règles de l'Église soient maintenues dans toute leur vigueur, et prenez garde que la simonie hérétique ne prenne en aucune manière racine parmi vous, de peur que vendeurs et acheteurs ne soient également frappés de la verge du Seigneur, chassés des rues, et précipités misérablement dans l'abîme de l'extermination et de la confusion.

 

"Conservez fermement l'Eglise, et ceux de tout rang qui lui sont attachés, dans une entière indépendance de toute puissance séculière; exigez que les dîmes de tous les fruits de la terre soient fidèlement payées, comme véritable propriété de Dieu même, et ne souffrez ni qu'on les vende ni qu'on les retienne; que si quelqu'un ose s'emparer de la personne d'un évêque, qu'il soit mis à tout jamais hors de la loi de l'Eglise.

 

"Quant à celui qui ferait prisonnier ou dépouillerait des moines, des clercs, des religieux et leurs serviteurs, ou des pèlerins et des marchands, qu'il soit excommunié.

 

Les pillards et incendiaires des maisons, ainsi que leurs complices, qu'on les bannisse de l'Église, et qu'on les frappe d'anathème.

 

"Il importe en effet d'examiner avec le plus grand soin quelles peines doivent être infligées à ceux qui volent le bien d'autrui, puisque celui qui n'emploie pas en aumônes une partie de son bien propre encourt la damnation de l'enfer.

 

"C'est ce qui arrive au mauvais riche (*), comme le rapporte l'Evangile; il est puni non pour avoir ravi le bien d'autrui, mais pour s'être manqué à lui-même dans l'usage des biens qu'il avait reçus du ciel.

 

(*) Luc, chap. VI. v. 19.

 

"Très chers frères, ajouta le pape, vous avez vu, assure-t-on, le monde cruellement bouleversé pendant longtemps par toutes ces iniquités; le mal est venu à tel point, ainsi que nous l'ont fait connaître divers rapports, que, par suite peut-être de votre faiblesse dans l'exercice de la justice, il est quelques-unes de vos paroisses où nul ne peut se hasarder sur les grandes routes qu'il ne coure risque d'être attaqué le jour par des pillards, la nuit par des voleurs, et où nul encore n'est sûr de n'être pas dépouillé, soit dans sa propre demeure, soit dehors, par la force ou les artifices de la méchanceté.

 

"Il faut donc faire revivre cette loi instituée autrefois par nos saints ancêtres, et qu'on nomme vulgairement trêve de Dieu; que chacun de vous tienne fortement la main à ce qu'on l'observe dans son diocèse, je vous le conseille et vous le demande fortement.

 

"Que si quelqu'un, entraîné par l'orgueil ou la cupidité, ose violer cette trêve, qu'il soit anathème en vertu de l'autorité de Dieu et des décrets de ce concile."

 

"Ces choses et plusieurs autres furent réglées comme il convenait de le faire: alors tous les assistants, clercs aussi bien que peuple, rendant au Seigneur de vives actions de grâces applaudirent spontanément aux paroles du seigneur; Urbain, souverain pontife, et firent serment de se conformer fidèlement aux décrets qui venaient d'être rendus.

 

"Cependant, le pape ajouta sur-le-champ que d'autres tribulations, non moindres que celles qu'on a rappelées plus haut, mais plus grandes et les pires de toutes, et issues d'une autre partie du monde, assiégeaient la chrétienté.

 

"Vous venez, dit-il, enfants du Seigneur, de lui jurer de veiller fidèlement, et avec plus de fermeté que vous ne l'avez fait jusqu'ici, au maintien de la paix parmi vous, et à la conservation des droits de l'Eglise.

 

"Ce n'est pas encore assez; une œuvre utile est encore à faire; maintenant que vous voilà fortifiés par la correction dû Seigneur, vous devez consacrer tous les efforts de votre zèle à une autre affaire, qui n'est pas moins la vôtre que celle de Dieu.

 

"Il est urgent, en effet, que vous vous hâtiez de marcher au secours de vos frères qui habitent en Orient, et ont grand besoin de l'aide que vous leur avez, tant de fois déjà, promise hautement.

 

"Les Turcs et les Arabes se sont précipités sur eux, ainsi que plusieurs d'entre vous l'ont certainement entendu raconter, et ont envahi les frontières de la Romanie, jusqu'à cet endroit de la mer Méditerranée, qu'on appelle le bras de Saint-Georges, étendant de plus en plus leurs conquêtes sur les terres des Chrétiens, sept fois déjà ils ont vaincu ceux-ci dans des batailles, en ont pris ou tué grand nombre, ont renversé de fond en comble les églises, et ravagé tout le pays soumis à la domination chrétienne.

 

"Que si vous souffrez qu'ils commettent quelque temps encore et impunément de pareils excès, ils porteront leurs ravages plus loin, et écraseront une foule de fidèles serviteurs de Dieu.

 

"C'est pourquoi je vous avertis et vous conjure, non en mon nom, mais au nom du Seigneur, vous les hérauts du Christ, d'engager par de fréquentes proclamations les Francs de tout rang, gens de pied et chevaliers, pauvres et riches, à s'empresser de secourir les adorateurs du Christ, pensant qu'il en est encore temps, et de chasser loin des régions soumises à notre foi la race impie des dévastateurs.

 

"Cela, je le dis à ceux de vous qui sont présents ici, je vais le mander aux absents; mais c'est le Christ qui l'ordonne.

 

"Quant à ceux qui partiront pour cette guerre sainte, s'ils perdent la vie, soit pendant la route sur terre, soit en traversant les mers, soit en combattant les idolâtres, tous leurs péchés leur seront remis à l'heure même; cette faveur si précieuse, je la leur accorde en vertu de l'autorité dont je suis investi par Dieu même.

 

"Quelle honte ne serait-ce pas pour nous si cette race infidèle si justement méprisée, dégénérée de la dignité d'homme, et vile esclave du démon, l'emportait sur le peuple élu du Dieu tout-puissant, ce peuple qui a reçu la lumière de la vraie foi, et sur qui le nom du Christ répand une si grande splendeur!

 

"Combien de cruels reproches ne nous ferait pas le Seigneur, si vous ne secouriez pas ceux qui, comme nous, ont la gloire de professer la religion du Christ?

 

"Qu'ils marchent, dit encore le pape en finissant, contre les infidèles, et terminent par la victoire une lutte qui depuis longtemps déjà devrait être commencée, ces hommes qui jusqu'à présent ont eu la criminelle habitude de se livrer à des guerres intérieures contre les fidèles; qu'ils deviennent de véritables chevaliers, ceux qui si longtemps n'ont été que des pillards; qu'ils combattent maintenant, comme il est juste, contre les barbares, ceux qui autrefois tournaient leurs armes contre des frères d'un même sang qu'eux; qu'ils recherchent des récompenses éternelles, ces gens qui pendant tant d'années ont vendu leurs services comme des mercenaires pour une misérable paie; qu'ils travaillent à acquérir une double gloire ceux qui naguère bravaient tant de fatigues, au détriment de leur corps et de leur âme.

 

"Qu'ajouterai-je de plus? D'un côté seront des misérables privés des vrais biens, de l'autre des hommes comblés des vraies richesses d'une part combattront les ennemis du Seigneur, de l'autre ses amis. Que rien donc ne retarde le départ de ceux qui marcheront à cette expédition; qu'ils afferment leurs terres, rassemblent tout l'argent nécessaire à leurs dépenses, et qu'aussitôt que l'hiver aura cessé, pour faire place au printemps, ils se mettent en route sous la conduite du Seigneur."

 

Ainsi parla le pape.

 

 

  

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   II.  Première croisade (1096-1100)

 

Carte des routes de la première croisade

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  - 1096 - calendrier - ici -

 

Pierre l'Ermite (vers 1053 † après 1115 infos) après avoir persuadé un certain nombre d’Allemands de partir, quitte Cologne le 19 avril à la tête de la "croisade populaire", forte d’environ douze mille Croisés. Sous l'impulsion de certains prédicateurs qui introduirent une note anti-juive dans leurs prêches, de nombreux massacres de juifs sont perpétués en traversant le Saint-Empire et la Hongrie.

 

De son coté, la "croisade populaire" conduite par Gautier Sans-Avoir (? † 1096), arrive à Constantinople, suivie le 1er août, par la troupe conduite par Pierre l'Ermite. Le 7 août, elle est transportée en Asie Mineure par des navires byzantins. Le 21 octobre, la "croisade populaire" est massacrée à Civitot, à proximité de Nicée, par les Seldjoukides de Roum. Pierre l'Ermite et les rares survivants rejoignent alors Constantinople.

 

Arrivée de Godefroy de Bouillon (vers 1058 † 1100) à Constantinople le 23 décembre.

 

  - 1096 à mai 1097

 

Arrivées successives des armées croisées à Constantinople.

 

  - 1097 - calendrier - ici -

 

Les troupes de Godefroy de Bouillon, Tancrède de Hauteville (vers 1070 † 1112) et Robert II de Flandre (1065 † 1111), prennent le 19 juin la ville de Nicée, actuelle Iznik, capitale du sultanat seldjoukide de Roum. Le 1er juillet, nouvelle victoire sur les Seldjoukides de Kılıç Arslan (1079 † 1107), à la Bataille de Dorylée.

 

Le 21 octobre débute le premier siège d'Antioche, ville d'env. 40 000 habitants, ceinte d’une muraille de douze kilomètres.

 

  - 1098 - calendrier - ici -

 

Baudouin du Bourcq (1070 † 1131), cousin de Godefroy de Bouillon, à la suite d'émeutes à Edesse contre le prince arménien Thoros d'Edesse (? † 1098), s'empare du pouvoir et fonde le comté d'Edesse (7 mars).

 

Le 3 juin, la ville d'Antioche est prise par les troupes de Bohémond de Tarente (vers 1054 † 1111), qui doit, dès le 8 juin, contrer une attaque turque dirigée par Kerbogha (? † 1102), atabeg de Mossoul.

 

  - 1099 - calendrier - ici -

 

Le 13 janvier, après la destruction la ville de Maarat, les Croisés conduit par Raymond de Saint-Gilles (vers 1042 † 1105), se dirigent vers Jérusalem dont le siège débuté le 7 juin, s'achèvera le 15 juillet avec la prise de la ville tenue par les Egyptiens.

 

Le 22 juillet, Godefroi de Bouillon est élu Avoué du Saint-Sépulcre. Le 12 août, victoire des Croisée sur les Egyptiens à Ascalon.

 

Après la mort d'Urbain II (1042 † 1099), élection le 13 août du pape Pascal II (vers 1050 † 1118). L'archevêque Daimbert de Pise (infos) est nommé le 21 décembre patriarche de Jérusalem au détriment d'Arnoul Malecorne, et fait reconnaître sa suzeraineté sur la principauté d'Antioche, le royaume de Jérusalem dont il obtient un quart de la ville, puis sur la ville de Jaffa.

 

  - 1100 - calendrier - ici -

 

Après la mort de Godefroi de Bouillon le 18 juillet, son frère cadet Baudouin de Boulogne (vers 1065 † 1118), comte d'Edesse, confie son comté à son cousin Baudoin de Bourcq (? † 1131), et part pour Jérusalem où il sera couronné le 25 décembre, sous le nom de Baudouin  Ier de Jérusalem, roi de Jérusalem.

 

Etats latins du Levant en 1100

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   III.  De la première à la deuxième croisade

 

  - 1101 - calendrier - ici -

 

En avril, puis en mai, les Croisés de Baudoin Ier de Jérusalem prennent Arsouf puis Césarée.

 

Au cours du printemps de nombreux Francs arrivent à Constantinople. Les Croisés lombards arrivés les premiers sans attendre les autres groupes, pénètrent en Anatolie. Ils sont presque entièrement massacrés à l'est de l'Halys par les Turcs saljûqides et de Ridwan d'Alep.

 

  - 1102 - calendrier - ici -

 

En avril, le comte de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles (vers 1042 † 1105), revenu de Constantinople, prend Tortose, et fonde le comté de Tripoli.

 

Après avoir été défais par les Fatimides le 19 mai à Ramleh, près de Jaffa, les Croisés de Baudoin Ier de Jérusalem vont les vaincre le 27 mai à Jaffa.

 

  - 1104 - calendrier - ici -

 

Le 28 avril les Croisés prennent Byblos. Les Croisés de Bohémond d'Antioche (1142/1149 † 1201), allié à Baudoin Ier de Jérusalem, comte d'Edesse, sont battus le 7 mai par les Turcs à la bataille de Harran où ce dernier est fait prisonnier. Bohémond d'Antioche part en Italie susciter une nouvelle croisade qui serait dirigée contre les Byzantins "traîtres" à la cause chrétienne.

 

La ville d'Acre est prise par les Croisés le 26 mai.

 

  - 1105 - calendrier - ici -

 

Le 28 février, mort de Raymond IV de Toulouse (vers 1042 † 1105), dit Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et de Tripoli.

 

Le 27 août, Baudoin Ier de Jérusalem repousse une offensive fatimide appuyée par l'Atabey de Damas lors de la troisième bataille de Ramla.

 

  - 1108 - calendrier - ici -

 

En novembre, départ de la croisade du roi Sigurd Ier de Norvège (1090 1130), pour la Terre Sainte avec 60 navires. 

 

  - 1109 - calendrier - ici -

 

Après six ans de siège, chute de Tripoli le 12 juillet, et fondation du comté de Tripoli (infos).

 

  - 1110 - calendrier - ici -

 

Les Francs assiègent Beyrouth en février, la ville tombe le 13 mai. Au cours de l'été, le roi Sigurd I er de Norvège arrive en Terre Sainte, et prend une part décisive au siège de la ville portuaire de Sidon (Saïde) par le roi Baudoin Ier de Jérusalem, qui se rend le 4 décembre.

 

  - 1110 - 1115

 

Contre-croisades sultanales.

 

  - 1111 - calendrier - ici -

 

Le 17 mars, mort de Bohémond de Tarente (vers 1054 1111), prince d'Antioche. Son neveu Tancrède de Hauteville (vers 1070 1112), dénonce les conditions du traité de Déabolis signé en 1108 avec Byzance (infos).

 

  - 1112 - calendrier - ici -

 

Baudouin Ier de Jérusalem renonce à la ville de Tyr le 10 avril, après 133 jours de siège.

 

  - 1118 - calendrier - ici -

 

Expédition de Baudouin Ier de Jérusalem en Egypte où il atteint le Nil après avoir traversé le Sinaï. Malade, il meurt sur la route du retour. Son cousin Baudoin d'Edesse lui succède le 14 avril sous le nom de Baudoin II du Bourg, roi de Jérusalem.

 

  - 1119 - calendrier - ici -

 

Les chevaliers d'Antioche sont défaits le 28 juin à Ager Sanguinis par les troupes turque de l'atabeg d'Alep Najm ad-Din Il Ghazi ibn Ortoq (? † 1122).

 

  - 1122 - calendrier - ici -

 

Balak ibn Bahram ibn Ortok réussit à faire prisonnier Josselin Ier de Courtenay (1070/1075 † 1131), comte d'Edesse (infos).

 

  - 1123 - calendrier - ici -

 

Le 18 avril, Baudoin II de Jérusalem se rend à Edesse où le comte Jocelin Ier de Courtenay avait été capturé. Il est lui-même fait prisonnier par les Ortoqides d'Alep sous le commandement de Balak ibn Bahram ibn Ortok.

 

Le 30 mai, plus de cent vingt navires vénitiens détruisent la flotte égyptienne qui mouillait devant Ascalon, au nord de la bande de Gaza.

 

  - 1124 - calendrier - ici -

 

Après un siège commencé le 15 février, avec d'une part une flotte vénitienne, et d'autre part, l'armée franque sur terre, la ville de Tyr se rend aux Francs.

 

Le 29 août, Baudoin II de Jérusalem est libéré par l'émir d'Alep Timmourtach.

 

  - 1131 - calendrier - ici -

 

Mort de Baudouin II de Jérusalem le 21 août. En l'absence d'héritier, Foulque V d'Anjou (1092 † 1144), lui succède, et se marie le 14 septembre à Mélissende, fille aînée de Baudoin II du Bourg, roi de Jérusalem.

 

  - 1135 - calendrier - ici -

Carte du Levant en 1135

  - 1137 - calendrier - ici -

 

En juin, Imad ed-Din Zengi (1087 † 1146), atabeg de Mossoul, assiège la ville de Homs contrôlée par les Damascènes. Les Francs sous la conduite de Foulque V d'Anjou voulant éviter une capitulation font route, ils sont vaincus sous les murs de Baarin. Foulque V d'Anjou doit céder la forteresse de Baarin ainsi que la place forte proche de Rafanée.

 

Le 30 août, Jean II Comnène (1087 † 1143), met le siège devant Antioche, mais il lui faudra attendre l'arrivée des troupes de Raymond de Poitiers (1115 † 1149), pour forcer le blocus et entrer dans la ville.

 

  - 1143 - calendrier - ici -

 

Baudoin III de Jérusalem (1131 † 1162), fils de Foulque V d'Anjou devient roi de Jérusalem sous la régence de Mélisende, sa mère.

 

  - 1144 - calendrier - ici -

 

Après un siège commencé en novembre, Imad ed-Din Zeng, atabeg de Mossoul, s'empare de la ville d'Edesse* le 23 décembre. Cet événement va être à l'origine de la deuxième croisade. * Aujourd'hui Şanlıurfa en Turquie).

 

 

  

   IV. Deuxième croisade (1145-1149)

Routes de la deuxième croisade

  - 1145 - calendrier - ici -

 

En apprenant la nouvelle de la chute du Comté d'Edesse le 23 décembre 1144, le pape Eugène III (vers 1080 † 1153), émit le 1er décembre, la bulle Quantum praedecessores, appelant à une nouvelle croisade.

 

  - 1146 - calendrier - ici -

 

Le 31 mars, Saint Bernard de Clairvaux (1090/1091 † 1153), prêche à Vézelay pour une deuxième croisade devant Louis VII (1120 † 1180), qui se croise est décide d'emmener son épouse, Aliénor d'Aquitaine (1122/1124 † 1204), en Orient.

 

Imad ed-Din Zengi (1087 † 1146), émir de Mossoul est assassiné le 14 septembre. La ville d'Edesse est reprise par Josselin II d'Edesse (? † 1159), le 27 octobre, mais Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil ( vers 1117 † 1174),  la reconquiert le 3 novembre.

 

Lors d'une prédication à Spire le 27 décembre, Saint Bernard de Clairvaux décide l'empereur Conrad III de Hohenstaufen (1093 † 1152) à se croiser.

 

  - 1147 - calendrier - ici -

 

Départ de la deuxième croisade au cours du moi de mai. Le 25 octobre, lors de la seconde bataille de Dorylée, les Croisés conduits par Conrad III et Louis VII sont sévèrement accrochés par les troupes de Mas`ûd Ier (? † vers 1156), sultan seldjoukide de Roum.

 

  - 1148 - calendrier - ici -

 

Louis VII et Aliénor d'Aquitaine se rendent à Antioche le 25 mars, puis à Jérusalem, où il est persuadé de prendre Damas, dont le siège commence le 24 juillet.

 

Le gouverneur de la ville, Moinuddin Ounar, fait appel le 26 juillet à Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil ( vers 1117 † 1174) d'Alep et de son frère Qutb ad-Dîn Mawdûd (? † 1170), atabeg de Mossoul, ce qui conduit Conrad III de Jérusalem à s'éloigner de la ville. Les Francs se retirent à Jérusalem, ce qui confirme l'échec de la deuxième croisade.

 

  - 1149 - calendrier - ici -

 

Après la mort au combat de Raymond de Poitiers (1115 † 1149), le 29 juin lors de la bataille d'Inab, Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil achève la reconquête du comté d'Edesse, et s'empare de la principauté d'Antioche ainsi que des dernières places fortes d'outre-Oronte* (Apamé, Artah et Albara). * du nom de la vallée Oronte.

 

Louis VII de retour de Terre Sainte débarque en Calabre le 29 juillet, où il rencontre courant août, Roger II de Sicile (1095 † 1154).

 

 

  

   V.  De la deuxième à la troisième croisade

 

  - 1153 - calendrier - ici -

 

Le 19 août prise d'Ascalon, dernier bastion fatimide en Palestine, par Baudouin III.

 

  - 1154 - calendrier - ici -

 

Le 25 avril, Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil, émir d'Alep, reprend aux Turcs seldjoukides la ville de Damas, et achève ainsi la réunification de la Syrie musulmane à l'exception de l'émirat de Chayzar.

 

  - 1156 - calendrier - ici -

 

Au printemps, prétextant le refus du basileus Manuel Ier Comnène (1118 † 1180), de lui payer une somme promise, Renaud de Chatillon (vers 1120 † 1187), prince d'Antioche et Thoros Ier d'Arménie (? † 1129), procèdent à la mise à sac de Chypre.

 

  - 1157 - calendrier - ici -

 

Le 26 avril, victoire de Nusret al-Dîn, frère de Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil sur les Hospitaliers à Panéas.

 

Le 11 mai, Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil proclame la guerre sainte pour aller mettre le siège devant Panéas d'où il sera repoussé par Baudoin III de Jérusalem.

 

  - 1159 - calendrier - ici -

 

Manuel Ier Comnène se rend à Antioche la 12 avril à la tête d'une puissante armée qui se rassemble au nord de la Syrie, qui neutralise les Francs et Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil, ce dernier se voyant exigé de Manuel Commène, la libération de tous les prisonniers chrétiens détenus par ses sujets.

 

  - 1162 - calendrier - ici -

 

Mort de Baudoin IIIer le 10 janvier, et début du règne d'Amaury Ier de Jérusalem (1136 † 1174), roi de Jérusalem.

 

  - 1162 - 1169

 

Campagnes d'Amaury Ier de Jérusalem en Égypte.

 

  - 1168 - calendrier - ici -

 

En septembre, traité négocié par Guillaume de Tyr (vers 1130 † 1184), pour un partage de l'Egypte entre les Francs de Jérusalem et l'empire byzantin. Les Etats latins d'Orient passent sous suzeraineté byzantine.

 

Départ d'Ascalon le 20 octobre d'Amaury Ier de Jérusalem pour une nouvelle expédition en Egypte. Le Caire est incendié le 13 novembre devant l'avancée des Croisés.

 

  - 1169 - calendrier - ici -

 

Amaury Ier de Jérusalem quitte l'Egypte entre le 2 janvier et le 8. Asad al-Dîn Shîrkûh (? † 1169), oncle de Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf ou Saladin (1138 † 1193), et atabeg d'Alep et de Damas est accueilli en libérateur. Asad al-Dîn Shîrkûh décède le 23 mars à la suite d'un repas. Il est remplacé par son neveu, Saladin qui devient vizir de la dynastie fatimide au Caire.

 

Une expédition franco-byzantine met le siège devant Damiette le 27 octobre, mal coordonnée, Amaury Ier de Jérusalem est contraint de lever le siège le 13 décembre.

 

  - 1171 - calendrier - ici -

 

Le 15 septembre, à la mort du dernier calife fatimide Al-did, Saladin restaure la légitimité des Abbassides et le rite sunnite. Il se proclame sultan d'Egypte et fonde la dynastie des Ayyoubides.

 

A la même date, le calife de Bagdad accorde à Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil l'investiture de la Syrie et de l'Egypte.

 

  - 1174 - calendrier - ici -

 

Le 15 mai, à la mort de Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil, As-Salih Ismail al-Malik (1162 † 1181), devient émir d'Alep.

 

Après le décès d'Amaury Ier de Jérusalem le 11 juillet, son fils Baudoin atteint de la lèpre, n'a que treize ans. Il est couronné le 15 sous le nom de Baudoin IV de Jérusalem (1161 † 1185).

 

Le 28 juillet, la flotte de Guillaume II de Sicile (1154 † 1189), se présente devant Alexandrie, mais le sénéchal Miles de Plancy (? † 1174), régent informel de Baudoin IV, ne saisit pas cette opportunité pour lancer une attaque conjointe contre Saladin, ce qui se traduit par l'échec de la prise d'Alexandrie, et favorisera la future hégémonie de Saladin.

 

En effet, dès le 28 octobre, Saladin entre dans Damas, puis prend le contrôle de la Syrie avec les villes de Homs (10 décembre), puis de Hama (28 décembre) et le siège d'Alep le 30 décembre, qu'il abandonnera le 1er février suivant avec l'intervention de Raymond de Tripoli (vers 1140 † 1187).

 

  - 1176 - calendrier - ici -

 

Le sultan de Roum, Kılıç Arslan II (? † 1156), encouragé par les difficultés que connaît Manuel Ier Comnène en Occident, secoue la tutelle byzantine. L'empereur marche contre la ville d'Iconium (actuelle Konia) et subit une défaite désastreuse contre les Turcs d'Anatolie à la Myrioképhalon (infos). L'Empire byzantin ne s'en relèvera pas.

 

  - 1177 - calendrier - ici -

 

Arrivée le 1er août de Philippe Ier de Flandre (1143 † 1191)  à Acre.

 

Le 25 novembre, victoire de Baudouin IV de Jérusalem contre une armée de Saladin à Montgisard (infos).

 

  - 1183 - calendrier - ici -

 

Le 18 juin, Saladin s'empare d'Alep. La Syrie unifiée est rattachée à l'Egypte.

 

Baudouinet (1177 † 1186), fils de Guillaume de Montferra, comte de Jaffa et d'Ascalon, et de Sibylle de Jérusalem, est sacré roi de Jérusalem sous le nom de Baudouin V, alors qu’il n’est âgé que de six ans.

 

  - 1185 - calendrier - ici -

 

Mort de Baudouin IV de Jérusalem le 16 mars des suites de sa lépre.

 

  - 1186 - calendrier - ici -

 

Mort de Baudouin V de Jérusalem à Saint-Jean- d’Acre à la fin du mois d’août 1186.

 

Le 15 septembre, Sybille et Guy de Lusignan (1159 1194), se font couronner reine et roi de Jérusalem.

 

  - 1187 - calendrier - ici -

 

Saladin déclare la guerre sainte contre les Francs au début de l'année.

 

Le 1er mai, victoire de Saladin contre les Templiers et les Hospitaliers à la bataille de la "fontaine de Cresson" près de Nazareth.

 

Les 3 et 4 juillet, presque toute la chevalerie franque conduite par Guy de Lusignan est tuée ou capturée par Saladin, lors de la bataille de Hattin (infos).

 

Saladin se rend maître en quelques semaines des États chrétiens à l’exception de quelques places côtières isolées les unes des autres (Tyr, Tripoli, Antioche et son port, ainsi que trois citadelles isolées).

 

Saïda capitule le 29 juillet, Ascalon le 4 septembre.

 

Le 20 septembre, Saladin assiège Jérusalem qui sera prise le 2 octobre après 88 ans d'occupation par les Croisés.

 

Le 29 octobre, le pape Grégoire VIII (? † 1187) fulmine la bulle Audita tremendi qui appelle à la troisième croisade.

 

  - 1188 - calendrier - ici -

 

Guy de Lusignan est remis en liberté par Saladin après avoir juré solennellement de ne plus reprendre les armes contre les musulmans.

 

Les établissements croisés sont réduits à Tyr et Beaufort dans l'ex royaume de Jérusalem, et dans le nord, à Tripoli, le Krak des Chevaliers, Antioche et la forteresse de Margat.

 

 

  

   VI.  Troisième croisade (1189-1193)

Routes de la troisième croisade

  - 1189 - calendrier - ici -

 

Départ de la croisade de l'empereur d'Allemagne Frédéric Ier de Hohenstaufen (1122 † 1190), dit Frédéric Barberousse.

 

En août, siège d'Acre par Guy de Lusignan avec l'aide de différents contingents (danois, frisons, saxons) et de chevaliers flamands, français et anglais).

 

  - 1190 - calendrier - ici -

 

Le 10 juin, Frédéric Barberousse se noie dans le Selef, au pied du Taurus (Cilicie). Ses troupes se dispersent et seuls quelques centaines de chevaliers participent avec Frédéric de Souabe (1090 † 1147), au siège d'Acre.

 

Le 4 juillet, départ de Vézelay de Philippe Auguste (1165 † 1223) et Richard Ier d'Angleterre (1157 † 1199), dit Cœur de Lion (infos).

 

  - 1191 - calendrier - ici -

 

Philippe Auguste et ses troupes arrivent à Acre le 20 avril.

 

Au cours des mois de mai et juin, Richard Ier d'Angleterre s'empare de Chypre aux dépens des Byzantins et revend l'île aux Templiers.

 

Le 12 juillet, les Croisés s'emparent d'Acre.

 

Le 3 août, alors que la croisade ne fait que commencer, Philippe Auguste repart pour la France, conséquence des querelles entre les deux rois.

 

Le 7 septembre, victoire de Richard Cœur de Lion sur l'armée de Saladin à Arsouf (infos).

 

  - 1192 - calendrier - ici -

 

Le 1er et le 5 août, victoire de Richard Cœur de Lion devant Jaffa, mais ses troupes échouent devant Jérusalem.

 

Le 2 septembre Richard Cœur de Lion conclut à Ramla une trêve de trois ans avec Saladin qui prévoit l'accès des pèlerins à Jérusalem. Saladin conserve Jérusalem et Ascalon, mais reconnaît le royaume chrétien d'Acre et les Francs conservent la côte de Tyr à Jaffa.

 

Le 9 octobre, Richard Cœur de Lion regagne l'Angleterre.

 

  - 1193 - calendrier - ici -

 

Mort de Saladin à Damas le 4 mars (infos).

 

 

  

   VII. De la troisième à la quatrième croisade

 

  - 1195 - calendrier - ici -

 

L'empereur Henri IV du Saint-Empire (1050 † 1106), se croise à Bari.

 

  - 1197 - calendrier - ici -

 

Le 10 septembre, Henri II de Champagne (1166 † 1197), meurt en tombant accidentellement d'une fenêtre de son palais d'Acre. Amaury de Lusignan (vers 1145 † 1205), devient roi de Jérusalem.

 

Le 23 octobre, les Croisés allemands s'emparent de Sidon, et de Beyrouth et rétablissent les communications terrestres entre Acre et Tripoli.

 

  - 1198 - calendrier - ici -

 

En janvier, Amaury de Lusignan, roi de Jérusalem, épouse la reine Isabelle, veuve de Conrad de Montferrat (vers 1145 † 1192).

 

Lothaire Conti des comtes de Segni est élu pape le 8 janvier sous le nom d'Innocent III (1160 † 1216).

 

En août, le pape Innocent III appelle à la quatrième croisade.

 

  - 1199 - calendrier - ici -

 

En France, le curé Foulques de Neuilly (? † 1201) et le légat Pierre Capuano prêchent la quatrième croisade.

 

 

  

   VIII. Quatrième croisade (1202-1204)

 

  - 1201 - calendrier - ici -

 

Le 30 mai, mort de Thibaud de Champagne.

 

  - 1202 - calendrier - ici -

 

Le 8 octobre, les troupes de Boniface de Montferrat (vers 1150 † 1207), Baudouin de Flandres (1171 † 1206), le doge Enrico Dandolo (vers 1107 † 1205), et Geoffroi de Villehardouin (vers 1150 † vers 1212), qui constituent la quatrième croisade, embarquent à Venise. A la demande des vénitiens, le 24 novembre, ils prennent Zara, port de l'Adriatique appartenant au roi de Hongrie.

 

  - 1203 - calendrier - ici -

 

Le 18 juillet, première prise de Constantinople qui capitule après 7 jours de siège.

 

Les Vénitiens rétablissent l'empereur Isaac II Ange (1156 † 1204) et son fils Alexis IV Ange le Jeune.

 

  - 1204 - calendrier - ici -

 

Après l'assassinat de l'empereur Isaac II Ange et de son fils Alexis IV Ange le Jeune entre janvier et février, Alexis V reprend le pouvoir.

 

Le 9 avril, assaut des Croisés sur Constantinople. Alexis V fuit en Thrace.

 

Les 13 et 15 avril, deuxième prise de Constantinople est mise à sac. L'empire byzantin est partagé. Les Vénitiens reçoivent les trois huitièmes de la ville et de l'Empire.

 

Le 16 mai, Baudouin VI de Hainaut est couronné Baudoin Ier premier empereur latin de Constantinople.

 

 

  

   IX. De la quatrième à la cinquième croisade

Route de la quatrième croisade

  - 1208 - calendrier - ici -

 

Le 15 janvier, un écuyer de Raymond VI de Toulouse (1156 † 1222), assassine le légat du pape, Pierre de Castelnau (vers 1170 † 1208), à Saint-Gilles, alors qu'il venait d'excommunier celui-ci pour sa mansuétude envers les Cathares (infos). Cet événement marque le début de la croisade contre les Albigeois.

 

Le pape Innocent III (1160 † 1216), décide alors d'organiser une expédition contre les Cathares, à ce titre, il accorde aux combattants les mêmes indulgences et faveurs qu'à ceux qui combattaient en Terre Sainte.

 

  - 1208 - 1212

 

Conquête du Languedoc par Simon IV de Montfort (vers 1164 † 1218 - infos).

 

  - 1212 - calendrier - ici -

 

La croisade dite des "enfants" répond aux prêches entre mars et mai, à Cologne d'un jeune berger, Nicolas, qui a entre 12 et 14 ans et d'Etienne de Cloyes à Vendôme (infos). Elle est la cinquième croisade vers la Terre Sainte.

 

Malgré un nom qui vient de traductions incertaines et de documents tardifs, ce mouvement affecte fort peu de véritables enfants. Les participants sont surtout de pauvres gens désireux de donner une leçon aux chrétiens plus favorisés, chez qui l'idée de croisade s'émoussait.

 

Ces milliers de personnes se rendent dans les ports de Gênes et Marseille, où elles seront dispersées. Des chroniques mentionnent que certaines seront vendues comme esclaves dans les pays musulmans du Maghreb.

 

  - 1213 - calendrier - ici -

 

Le roi Pierre II d'Aragon (vers 1174 † 1213), meurt le 12 septembre, lors de la bataille de Muret (infos) contre les troupes de Simon IV de Montfort.

 

  - 1215 - calendrier - ici -

 

Le 11 novembre, ouverture sur l'initiative du pape Innocent III (1160 † 1216) du IVe concile du Latran qui a pour mission d'organiser la cinquième croisade.

 

  - 1216 - calendrier - ici -

 

Mort d'Innocent III le 16 juillet et le 24, début du pontificat d'Honorius III (? † 1227).

 

 

  

   X. Cinquième croisade (1217-1221)

Routes de la cinquième croisade

  - 1217 - calendrier - ici -

 

La cinquième croisade débarque à Acre (septembre).

 

Le 27 août, le roi André II de Hongrie (1176 † 1235), et Léopold VI d'Autriche (1176 † 1230), s'embarquent avec leurs troupes à Spalatro sur l'Adriatique.

 

En septembre, les premiers Croisés arrivent à Acre, ils sont rejoints par Jean Ie de Brienne (vers 1170 † 1237), roi de Jérusalem et par Hugues Ier de Lusignan (1193 † 1218), roi de Chypre.

 

Conduit du 29 novembre au 7 décembre, le siège de la forteresse du Mont-Thabor qui domine la plaine d'Acre, par les Croisés et les troupes de Léopold VI d'Autriche, est un échec.

 

  - 1218 - calendrier - ici -

 

Le 18 janvier, les Croisés Hongrois repartent. Ceux qui restent en Palestine relèvent Césarée et construisent au pied du mont Carmel la forteresse de Château Pèlerin (infos).

 

Les chefs de la cinquième croisade décident d'attaquer Damiette, espérant ainsi affaiblir les Egyptiens et reprendre plus facilement Jérusalem. Après avoir quitté Acre le 24 mai, ils atteignent Damiette le 29 juin, et prennent la citadelle le 25 août.

 

A l'automne, face à des assiégeants renforcés par des Croisés venant d'Italie, d'Espagne, d'Angleterre et de France, le sultan Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn (vers 1177 † 1238),  échoue à dégager Damiette.

 

Contre la levée du siège, sa proposition de rendre aux latins l'ancien royaume de Jérusalem est refusée par Pélage Galvani(vers 1165 † 1230), légat pontifical, qui prétend diriger la croisade (infos).

 

L'intransigeance et le fanatisme de Pélage Galvani seront la cause de l'échec de cette croisade.

 

  - 1219 - calendrier - ici -

 

Le 5 novembre, les Croisés de Jean de Brienne (vers 1170 † 1237), roi de Jérusalem, occupent Damiette. Pélage Galvani impose alors la prise du Caire.

 

  - 1221 - calendrier - ici -

 

En septembre, les Croisés sont encerclés devant le Caire. Au terme d'un accord, ils devront céder Damiette pour pouvoir rembarquer pour leurs pays d'origines. Cet échec marque la fin de la cinquième croisade.

 

  - 1225 - calendrier - ici -

 

Le 9 novembre, à Brindisi, Isabelle II de Jérusalem (1211 1228), héritière du trône de Jérusalem épouse Frédéric II de Hohenstaufen dit Frédéric II du Saint-Empire (1194 † 1250), qui devient ainsi roi de Jérusalem en vertu du droit féodal.

 

  - 1227 - calendrier - ici -

 

Frédéric II du Saint-Empire connu des conflits permanents avec la papauté, à ce titre, il fut excommunié par deux fois, notamment en cette année 1227 par Grégoire IX (vers 1145 † 1241), pour ne pas avoir honoré sa promesse de lancer la sixième croisade.

 

De fait, la papauté espérait desserrer l'étau que faisait peser l'empereur du Saint-Empire sur ses Etats pontificaux en l'éloignant en Terre Sainte.

 

 

  

   XI. Sixième croisade (1228-1229)

Route de la sixième croisade

  - 1228 - calendrier - ici -

 

De part ses bonnes relations avec le monde musulman, Frédéric II du Saint-Empire parle l'arabe*, il entre en négociation avec le sultan d'Egypte Al-Malik al-Kâmil Nâsîr ad-Dîn (vesr 1177 † 1238), qui se trouve menacé par les Ayyoubides de Syrie, coalisés et appuyé par les Khwarezmiens.

 

* Frédéric II du Saint-Empire né en Sicile, doit la vie ainsi que celle de sa mère à l'intervention de deux médecins arabes lors de l'accouchement.

 

28 juin, Frédéric II du Saint-Empire part de Brindisi avec seulement trois mille hommes, et débarque à Acre le 7 septembre.

 

A cette date, la situation géopolitique s'est inversée: le sultan de Damas étant mort, Al-Malik al-Kamil Nâsîr ad-Dîn peut se partager ses possessions avec son frère venu de Djézireh, qui garde Damas et lui laisse la Palestine.

 

  - 1229 - calendrier - ici -

 

Le 18 février, Frédéric II du Saint-Empire signe la paix de Jaffa avec le sultan Al-Malik al-Kamil Nâsîr ad-Dîn avec qui des liens d'amitié s'étaient tissés.

 

Ce traité prévoit la cession de Jérusalem, Bethléem et Nazareth et de leurs routes d'accès dans une sorte de condominium. Une trêve de dix ans, cinq mois et quarante jours.

 

C'est ainsi que le 18 mars, sans combattre la ville de Jérusalem, Frédéric II du Saint-Empire y est couronné roi de Jérusalem.

 

Le 1er mai il s'embarque pour l'Italie, laissant les Etats latins d'Orient sans roi résident, en proie à la guerre civile entre ses partisans et ses opposants conduit par Gérald de Lausanne, patriarche de Jérusalem.

 

 

  

   XII. De la sixième à la septième croisade

 

  - 1237 - calendrier - ici -

 

Inquiet de l'expiration de la trêve prévue par la paix de Jaffa, le pape Grégoire IX (vers 1145 † 1241), fait prêcher une nouvelle croisade en France et en Angleterre, le Saint-Empire étant exclu de cette entreprise en raison d'un conflit qui l'oppose à Frédéric II.

 

En France, de nombreux seigneurs répondent à l'appel du pape: le comte Thibaut IV (1201 † 1253), roi de Navarre et comte de Champagne, Hugues IV (1213 † 1272), duc de Bourgogne, Pierre Mauclerc (vers 1190 † 1250), duc de Bretagne, Amaury VI (vers 1195 † 1241), comte de Montfort, Guigues IV de Forez (vers 1199 † 1241), comte de Nevers... d'où son nom de "croisade des Barons".

 

L’empereur Frédéric II du Saint-Empire considère comme déloyal de reprendre les hostilités sans avoir tenté de négocier avec la cour du Caire, et craint que les Musulmans ne profitent de cette occasion pour reprendre Jérusalem.

 

  - 1239 - calendrier - ici -

 

Le comte Thibaut IV de Champagne promu chef de l’expédition débarque avec sa coalition le 1er septembre à Saint-Jean-d'Acre pour achever la reconquête du royaume de Jérusalem.

 

En novembre, le Croisé Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, attaque pour son profit personnel une caravane, cet incident conduit An-Nasir Dâ'ûd (vers 1204 † 1258), à la faveur d'un raid surprise, à détruire ce qui subsiste des fortifications de Jérusalem.

 

Voulant rivaliser l'exploit de Pierre de Mauclerc, le comte Henri II de Bar (vers 1190 † 1239), est tué ainsi que mille deux cents Francs, et que le comte Amaury de Montfort et fait prisonnier, dans l'attaque d'un détachement de soldats égyptiens en garnison à Gaza.

 

A la suite de cette défaite, Thibaut de Champagne interrompt les travaux de fortification d'Ascalon pour revenir à Acre avec l'ensemble de l'armée croisée.

 

  - 1240 - calendrier - ici -

 

Le sultan Al-Salih Ismaël (vers 1200 † 1250), sultan de Damas inquiet de la situation en Egypte, s'allie aux Croisés, et cède au royaume de Jérusalem les places fortes de Safet et de Beaufort, ainsi qu'une partie de la Tibériade.

 

Thibaut de Champagne, profitant de rivalités entre les Musulmans, signe la paix avec l'Egypte et obtient en retour la libération des chevaliers emprisonnés depuis la bataille de Gaza, et la rétrocession d'Ascalon. Son armée s'embarque pour la France à la fin du mois de septembre.

 

  - 1240 - 1241

 

Croisade de Richard de Cornouaille.

   

  - 1240 - calendrier - ici -

 

Peu après le départ de Thibaut de Champagne, Richard de Cornouailles (1209 † 1272), frère du roi Henri III d'Angleterre (1207 † 1272) et beau-frère de l'empereur Frédéric II du Saint-Empire, débarque en Terre Sainte.

 

Richard de Cornouailles refuse d'arbitrer les querelles d'influence qui opposent les Hospitaliers favorables à une paix avec l'Egypte, aux Templiers qui veulent une alliance avec Damas.

 

  - 1241 - calendrier - ici -

 

Richard de Cornouailles après avoir négocié avec le sultan d'Egypte Al-Salih Ayyoub (1207 † 1249), qui en échange de la rupture définitive de l'alliance franco-damascène, renouvelle le traité de 1229 tout en confirmant la cessions de territoire acceptées par l'émir de Damas, embarque à Acre le 3 mai à destination de l'Angleterre.

 

  - 1243 - calendrier - ici -

 

Le statu quo entre l’Egypte et Damas se maintient.

 

  - 1244 - calendrier - ici -

 

Le 11 juillet, les Khwarezmiens (infos) occupent et pillent Jérusalem après avoir ravagé le sultanat de Damas.

 

Face à la menace des Khwarezmiens, l'émir de Damas fait à nouveau alliance avec les Francs, ce qui pousse Al-Malik as-Sâlih Najm ad-Dîn Ayyûb (vers 1207 † 1249), à s’allier avec les Khwarezmiens.

 

Le 17 octobre, l'armée de l'alliance franco-syrienne est vaincue par les Khwarezmiens et les Egyptiens à La Forbie (infos).

 

Cette défaite marque l'effondrement de la puissance Chrétienne au Proche-Orient.

 

  - 1245 - calendrier - ici -

 

Le 28 juin, ouverture du XIIIe concile par Innocent IV (vers 1180/90 † 1254), premier des deux conciles tenus à Lyon.

 

Louis IX de France (1214 † 1270) décide d'entreprendre une septième croisade.

 

 

  

   XIII. Septième croisade (1248-1254)

Route de la sixième croisade

  - 1248 - calendrier - ici -

 

Départ le 12 juin de Louis IX accompagné de son épouse la reine Marguerite de Provence (1221 † 1295), du comte Robert Ier d'Artois (1216 † 1250), et de Charles Ier d'Anjou (1226 † 1285), ses frères, pour la septième croisade.

 

  - 1249 - calendrier - ici -

 

Après une escale en mai à Chypre, Louis IX se dirige avec 1800 navires vers la ville de Damiette, qui est prise le 8 juin.

 

Comme ses prédécesseurs, Louis IX se dirige ensuite vers le Caire, ce qui expose son armée à des attaques incessantes de l'émir Fakhr-ad-Din Yusuf.

 

  - 1250 - calendrier - ici -

 

Le comte Robert Ier d'Artois prend seul l'initiative d'attaquer la citadelle de Mansourah où ses troupes se retrouvent assiégées et décimées par les Egyptiens, ce qui oblige le roi à se replier. Le bruit court alors que Louis IX a perdu son avant-garde et qu'il s'est rendu.

 

Le 6 avril, Louis IX et ses soldats sont faits prisonniers lors de la bataille de Fariskur, qui marque le fin de la septième croisade.

 

En mai, le roi et l'ensemble des prisonniers sont libérés contre une forte rançon payée par l'ordre du Temple.

 

Louis IX décide de prolonger son séjour dans ce qui reste des Etats latins d'Orient. Alphonse de Poitiers (1220 † 1271) et Charles Ier d'Anjou rentrent en France pour assister Blanche de Castille (1188 † 1252), qui a charge de gouverner le royaume.

 

Entre 1250 et 1253, Louis IX consolide les forteresses d'Acre, de Césarée, de Jaffa et de Sidon.

 

  - 1253 - calendrier - ici -

 

Louis IX apprenant au début du printemps le décès de sa mère Blanche de Castille survenu le 27 novembre 1252, rentre en France.

sauvetage des "Carmes" par saint Louis

Une reproduction de cette scène du "Sauvetage des Carmes par saint Louis", qui s'inscrit dans une fresque monumentale retraçant la vie des Carmes, peinte par Jörg Ratgeb (1480? † 1526), sur les murs du réfectoire du Karmeliterkloster de la ville de Frankfurt am Main, a été offerte à l'abbaye de Saint-Hilaire par le Dr. Michael Fleiter, conservateur de l'Institut für Stadtgeschichte de Frankfurt am Main.

 

Traduction du texte latin du cartouche (non visible sur cette reproduction): Autour de l'année 1248*, saint Louis (1214 † 1270), le noble roi de France, a visité humblement le saint sépulcre et d'autres lieux saints avec d'autres princes et chefs d'états de différents pays qui ont accompli des actions de guerre en Terre Sainte contre les Sarrasins. Après avoir été sauvé pendant ce dangereux trajet en mer, il s'est rendu sur la montagne du mont Carmel. Touché par les paroles des frères de la Vierge Marie qui y vivaient et par leur bonne réputation, il a emmené quelques frères en France, après avoir obtenu la permission du prieur. A Paris, il leur a construit un couvent. Ces frères ont accueilli chez eux d'autres frères, et, peu à peu, ils ont fondé des couvents de leur ordre dans d'autres régions de France et d'Allemagne. * Septième croisade (Embarquement à Aigues-Mortes, le 25 août 1248 – retour à Hyères, le 10 juillet 1254).

 

Massacre des Carmes - fresque de Ratgeb Jorg

Scène précédente peinte par Jörg Ratgeb: "Le massacre des derniers Carmes".

 

 

Cet événement tragique marqua la fin de la présence des Carmes en Orient pendant plusieurs siècles et leur retour dans leurs divers pays d'origine: Sicile, Italie, Angleterre, Sud de la France Les carmes qui débarquèrent à Marseille s'installèrent aux Aygalades.

 

 

  

   XIV. De la septième à la huitième croisade

 

  - 1256 - 1270

 

La guerre de Saint-Sabas fait suite à l'expulsion des Vénitiens de Tyr en 1256. Un accord conclu en 1270 mit fin à la rivalité entre Vénitiens et Génois.

 

  - 1261 - calendrier - ici -

 

Le 27 février, le sultan mamelouk d'Egypte Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari (vers 1223 † 1277), dont objectif principal est la destruction de ce qui reste des Etats croisés, prend Césarée lors d'une offensive contre les Croisés.

 

  - 1266 - 1271

 

Le 25 juillet 1266, le sultan Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari (1223 † 1277), prend la forteresse des Templiers de Safed, de Jaffa le 7 mars 1268 et d'Antioche le 18 mai 1268.

 

 

  

   XV. Huitième croisade (1270)

Route de la sixième croisade

  - 1270 - calendrier - ici -

 

Une nouvelle offensive des Mamelouk en Syrie amène Louis IX de France à recourir à une deuxième croisade. Après avoir loué des navires à Gênes et à Marseille, il débarque sur la plage de Carthage, près de Tunis avec six mille hommes.

 

Le 25 août, Louis IX meurt de dysenterie devant Tunis.

 

Alors que le sultan Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari rassemble ses troupes pour délivrer Carthage, il est informé par l'émir de Tunis Al-Mustansir du décès de Louis IX et du départ de ses troupes, pour partie décimées par les maladies.

 

Le 10 novembre, le prince Edouard Ier d'Angleterre (1239 † 1272), arrive à Tunis alors que les troupes de Louis IX quittent le pays.

 

  - 1271 - calendrier - ici -

 

Edouard Ier d'Angleterre se rend alors en Terre Sainte où il négocie avec Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari une nouvelle trêve aux Latins.

 

 

  

   XVI. Survivance de l'idée de croisade

 

  - 1271 - calendrier - ici -

 

Le 8 février le sultan Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari s'empare du krak des Chevaliers.

 

  - 1274 - calendrier - ici -

 

Du 7 mai au 6 juillet, tenue du deuxième concile de Lyon présidé par le pape Grégoire X (1210 † 1276), dont l'un des trois sujets principaux était la reconquête de la Terre Sainte.

 

  - 1282 - calendrier - ici -

 

Le 30 mars, encouragés par Pierre III d'Aragon (1239 † 1285), et Michel VIII Paléologue (vers 1224 † 1282), les Siciliens se révoltent contre les Français pendant les Vêpres siciliennes.

 

  - 1289 - calendrier - ici -

 

Le 27 avril, le sultan mamelouk d'Egypte An-Nâsir Muhammad ben Qalâ'ûn (1285 † 1341), rompt la trêve et prend Tripoli, mais il refuse de violer le traité de 1283 avec les Francs d'Acre, et prolonge la trêve pour dix ans afin d'encourager le commerce avec l'Occident.

 

  - 1291 - calendrier - ici -

 

Le 5 avril la ville de Saint-Jean-d'Acre est assiégée par les Mamelouks. Après un siège de 40 jours la citadelle tombe le 28 mai.

 

Les dernières places chrétiennes sont évacuées au cours de l'été (Tyr, Sidon, Beyrouth, Tortose et Château Pèlerin). Les Chrétiens ne conservent que Chypre, qui ne sera prise par les Turcs qu'en 1571.

 

  - 1308 - calendrier - ici -

 

Les Hospitaliers s'installent à Rhodes.

 

Pierre Dubois, avocat (1255 1312) publie De recuperatione terrae sanctae:

 

La réforme réclamée très dévotement tend à ceci: le Pape, qui est chargé et occupé d'une manière spéciale du soin des choses spirituelles, ne semble pas pouvoir s'occuper suffisamment du gouvernement de son temporel sans porter préjudice au spirituel; aussi, après avoir examiné les fruits et revenus et déduit les dépenses et les charges qui avaient coutume de lui échoir, que le Pape livre tout en perpétuelle emphytéose à quelque grand roi ou prince ou à plusieurs, après avoir reçu les meilleures cautions possibles au sujet d'une pension annuelle et perpétuelle qui serait payée sans aucune retenue en un lieu du Patrimoine ainsi cédée, choisi par le Pape suivant les circonstances.

 

Ainsi le Pape qui doit être l'auteur et le promoteur de la paix ne provoquera pas de guerre, il ne fera pas mourir des hommes d'une manière inopinée et cruelle dans les combats; il s'occupera parfaitement de la prière, de l'aumône, de la contemplation, de la lecture, de la doctrine des Ecritures, de la correction de ses inférieurs; il rendra ou fera rendre la justice à tous les Catholiques, il procurera la Vraie paix à tous les fidèles du Christ, si bien que ceux-ci vivant en paix s'appliqueront à récupérer et à conserver le patrimoine du Crucifié.

 

Ainsi le Saint Père ne songera plus à entasser des trésors, il ne s'écartera pas du soin des choses spirituelles, il mènera une vie contemplative et active, avec la grâce du Dispensateur de tous les biens.

 

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  - 1365 - calendrier - ici -

 

Les troupes du roi Pierre Ier de Chypre (1328 † 1369), s'emparent d'Alexandrie, ce qui compromet les intérêts des marchands européens et des Chrétiens indigènes de l'Egypte mamelouk.

 

  - 1366 - calendrier - ici -

 

Afin de porter secours à son cousin Jean V Paléologue (1332 † 1391), empereur de Constantinople, Amédée VI de Savoie (1334 † 1383), s'oppose pour un temps à l'avancée turque à Gelibolu, ville située près du détroit des Dardanelles.

 

  - 1396 - calendrier - ici -

 

Le 25 ou le 28 septembre, le sultan ottoman sultan Bayazid IIer Ildîrîm (1389 † 1402), et le prince Stefan Lazarevic (1374 † 1427), battent dans les plaines de Nicopolis une croisade menée par Sigmond de Luxembourg, roi de Hongrie (1368 † 1437). Cette bataille marque un des tournants de la conquête des Balkans par les armées de l'empire Ottoman.

 

  - 1440 - 1448

 

Si Nicopolis consolida les assises de la présence ottomane dans les Balkans, la bataille de Varna, le 10 novembre 1444, le fit de même, mais pour plusieurs siècles.

 

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  - 1453 - calendrier - ici -

 

Le 2 avril, Mehmet II Fatih (vers 1430 † 1481), se présente avec une puissante armée devant Constantinople qui tombe le 29 mai, et marque la fin de l'Empire romain d'Orient (dénommé byzantin depuis).

   

  - 1463 - calendrier - ici -

 

Comme son prédécesseur Calixte III (1455 † 1458), le pape Pie II (1405 † 1464), consacre toute son activité de pontife à la préparation d'une croisade contre les Turcs, qui venaient de s'emparer de Constantinople et menaçaient la chrétienté.

 

Le 22 octobre, profitant d'une période favorable de paix entre les Etats d'Europe, il déclare la guerre aux Ottomans.

 

  - 1464 - calendrier - ici -

 

Le 14 mai, il se rend à Ancône où il attend les Vénitiens et le duc Philippe de Bourgogne. Son décès le 15 août dans cette ville fait échouer le projet.

 

  - 1529 - calendrier - ici -

 

Du 27 septembre au 14 octobre, les Turcs ottomans sont contraint d'abandonner leur premier siège de Vienne, qui représente l'avancée la plus à l'ouest des troupes ottomanes en Europe centrale.

 

  - 1571 - calendrier - ici -

 

Le 25 mai, conclusion de la Sainte-Ligue: Naples, Sicile, Gênes, Venise, Malte, Saint-Siège, Espagne, contre les Turcs.

 

Le 7 octobre, les Ottomans d'Ali Pacha (? † 1571), général de l'armée turque sous Selim II (1524 † 1574), sont vaincus à Lépante (infos) par la flotte de la Sainte-Ligue dirigée par Don Juan d'Autriche (1545 ou 1547 † 1578). Si cette victoire jouit d'un grand retentissement, elle ne modifie pas la situation géostratégique. 

 

  - 1683 - calendrier - ici -

 

Le 25 juin, le grand vizir Kara Mustapha de Merzifon (1634 † 1683), se met en marche avec son armée afin de conquérir Vienne qui est assiégée pour la deuxième fois le 14 juillet, alors que l'empereur et sa cour se sont enfuis à Linz. Louis XIV de France (1638 † 1715), l'informe qu'il n'apportera aucune aide à la ville assiégée.

 

Le roi de Pologne, Jean Sobieski (1629 † 1696), avec ses troupes et celles de Charles V de Lorraine (1643 † 1690), remporte le 12 septembre la bataille de Kahlenberg, ce qui oblige les Ottomans à lever leur siège de Vienne, ce qui lui valu d'être surnommé "Sauveur de Vienne et de la civilisation occidentale".

 

A partir de cette époque on ne parle plus de croisade, mais seulement de la "Question d'Orient".

 

 

  

   Gustave Doré

 

Gustave Doré - La croisade des enfants

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Gustave Doré - Ennemis des_Croisés

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Gustave Doré - Machines de guerre

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Gustave Doré - Massacre de Césarée

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Gustave Doré - Cadavres des Croisés de la première croisade

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Gustave Doré - Saint François d'Assise avec le sultan de Damiette

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Gustave Doré - Second assaut de Jérusalem

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Gustave Doré - Richard Cœur de Lion à Jaffa

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Gustave Doré - Richard Cœur de Lion

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Gustave Doré - Massacre des prisonniers sous Richard Cœur de Lion

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Gustave Doré - Arrivée au Caire de Croisés prisonniers

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Gustave Doré - Office aux_morts de la bataille de Dorylee

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Gustave Doré - Entrée des Croisés dans Constantinople

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Gustave Doré - Bohémond de Tarente escalade seul les remparts d'Antioche

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Gustave Doré - Gérard d'Avesne exposé sur les ramparts d'Arsouf

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Gustave Doré - Découverte de la vrair Croix

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Gustave Doré - Godefroy de Bouillon dans Jérusalem

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Gustave Doré - Bataille navale de Lépante

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Gustave Doré - La richesse des souks

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   Propositions de lecture

 

 

  Crusades-Encyclopedia

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  Les passagers d'outremer chronique des croisades

  Auteur: Sébastien Mamerot

  Traduction: Thierry Delcourt et Daniel le Quéruel

  Editeur: TASCHEN

  Edition: Français

  Date de parution:

  ISBN: 978-3-8365-0556-7

  Hardcover: 816 p - 2 vols.  23 x 32 cm

  Prix: 99.99 €

  Le manuscrit appartient à la Bibliothèque nationale de France.

Une chronique des croisades - TASCHEN

Embarquement pour quatre siècles de croisades françaises.

 

Achevé vers 1474, le manuscrit de Sébastien Mamerot superbement illustré est le seul document d’époque rendant compte de plusieurs siècles de croisades françaises, aux cours desquelles les rois de France tentèrent de s’emparer de la Terre sainte. Jean Colombe, enlumineur du Moyen-Age surtout connu pour son travail sur les Très Riches Heures du Duc de Berry, est le principal auteur des 66 miniatures splendides du manuscrit.

 

Inspiré par la guerre sainte xénophobe déclenchée par une annonce du pape Urbain II -équivalent chrétien du djihad- Mamerot a dédié son œuvre à son mécène Louis de Laval, gouverneur de Champagne. Les Passages d'Outremer comprend 277 feuillets de parchemin, illustrés par Colombe et par les meilleurs calligraphes de l’époque médiévale. Il est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de France.

 

À partir de ce manuscrit exceptionnel, TASCHEN a réalisé un fac-similé qui reproduit jusqu'à la couleur des rehauts dorés médiévaux. Cette édition en deux volumes présentée en coffret, comprenant un volume fac-similé et un volume de traduction intégrale du texte manuscrit, ainsi que des explications des miniatures de Jean Colombe, représente un témoignage particulier de cette longue période historique aussi glorieuse que sanglante. Les batailles, enterrements, cérémonies religieuses, couronnements et processions royales dépeintes dans ces 66 miniatures débordant de couleurs s’animent sous nos yeux pour former une imagerie puissante de ces guerres qui duraient des siècles.

King Louis IX embarks on a crusade Capture of Jerusalem by the Saracens. Sébastien Mamerot, Les Passages d’Outremer - Fr. BnFCapture of Jerusalem by the Saracens, détail. Sébastien Mamerot, Les Passages d’Outremer - Fr. BnFSiege of Antioch. Sébastien Mamerot, Les Passages d’Outremer - Fr. BnFSiege of Antioch, Détail. Sébastien Mamerot, Les Passages d’Outremer - Fr. BnF

 

  The Crusades

  Auteur: Thomas Asbridge

  Editeur: Ecco

  Date de parution: Reprint edition (March 8, 2011)

  ISBN 10: 0060787295

  ISBN 13: 978-0060787295

  Broché: 784 p -  7.9 x 5.3 x 1.5 inches

Thomas Asbridge - The Crusades

From a renowned historian who writes with "maximum vividness" (The New Yorker) comes the most authoritative, readable single-volume history of the brutal struggle for the holy land Nine hundred years ago, a vast Christian army, summoned to holy war by the Pope, rampaged through the Muslim world of the eastern Mediterranean, seizing possession of Jerusalem, a city revered by both faiths.

 

Over the two hundred years that followed, Islam and Christianity fought for dominion of the Holy Land, clashing in a succession of chillingly brutal wars: the Crusades.

 

Here for the first time is the story of that epic struggle told from the perspective of both Christians and Muslims. A vivid and fast-paced narrative history, it exposes the full horror, passion, and barbaric grandeur of the Crusading era, revealing how these holy wars reshaped the medieval world and why they continue to influence events today.

 

 

 

  The Crusades trough arab eyes

  Auteur: Amin Maalouf

  Editeur: Schocken

  Date de parution:  April 29, 1989

  ISBN 10: 0805208984

  EAN 13: 978-0805208986

  Broché: 293 p - 5.2 x 0.6 x 8 inches

Amin Maalouf - The Crusades trough arab eyes

The author has combed the works of contemporary Arab chronicles of the Crusades, eyewitnesses and often participants. He retells their story and offers insights into the historical forces that shape Arab and Islamic consciousness today.

 

 

 

  The Oxford Illustrated History of the Crusades

  Auteur: Jonathan Riley-Smith

  Editeur: Yale University Press, USA

  Genre: Historique

  Date de parution:  24 mai 2001

  ISBN:  0-300-10128-7

  ISBN: 978-0-300-10128-7

  Broché: 470 p 

Jonathan Riley-Smith - Crusades

 

This lively, comprehensive history provides a wealth of fascinating detail about the Crusades and the politics and personalities behind them. This new edition includes revisions throughout as well as a new Preface and Afterword in which Jonathan Riley-Smith surveys recent developments in the field and examines responses to the Crusades in different periods, from the Romantics to the Islamic world today, making this the standard and authoritative account of the Crusades for years to come.

 

 

 

  The Albigensian Crusade

  Auteur: Jonathan Sumption

  Editeur: Faber and Faber Ltd

  Genre: History, Nonfiction

  Date de parution:  5 mai 2011

  ISBN: 978-0571266579

Jonathan Sumption - The Albigensian Crusade

In twelfth century Languedoc a subversive heresy of Eastern origin flourished to an extraordinary degree. The Albingenses believed that the world was created by an evil spirit, and that all worldly things - including the Church - were by nature sinful.Jonathan Sumption's acclaimed history examines the roots of the heresy, the uniquely rich culture of the region which nurtured it, and the crusade launched against it by the Church which resulted in one of the most savage of all medieval wars.

 

 

 

  Atlas des Croisades Orient latin, Byzance, Péninsule ibérique, Baltique, Europe orientale

  Auteur: Jonathan Riley-Smith

  Traduit de l'anglais par: Camille Cantoni

  Editeur: Autrement

  Date de parution:  17 septembre 1998

  ISBN: 2-86260-553-0

  EAN: 9782862605531

  Format: 217 x 287 mm

  Nb. de pages: 192

  Prix: 30€

Atlas des croisades: Orient latin, Byzance, Péninsule ibérique, Baltique, Europe orientale - Jonathan Riley-Smith

Résumé: Depuis Voltaire ironisant sur ceux dont "la plus grande des passions est le pillage" jusqu'aux hérauts du Tiers-Monde, contempteurs de ce qu'ils considèrent comme la première des guerres coloniales de l'Histoire, les croisades ont mauvaise presse.

 

On y voit volontiers les prodromes d'un antisémitisme qui a conduit à l'holocauste, le modèle de guerres de religion qui n'épargnent pas le XXe siècle, l'affrontement séculaire de la chrétienté et de l'islam, dont les résurgences affectent encore notre temps.

 

Partagés entre la gêne et la fascination, nos contemporains se demandent ce que sont vraiment ces mouvements qui ont jeté sur la route de Jérusalem riches et pauvres, hommes et femmes, clercs et chevaliers, rustres et souverains suivis de leur noblesse.

 

C'est à cette question que veut répondre l'Atlas des croisades, unique par la richesse et la précision de sa cartographie.

 

Cet Atlas montre comment s'enracine l'idée de croisade dans le terreau de l'Eglise: la réflexion sur la guerre sainte s'ajoute aux expériences de la Reconquête chrétienne en Espagne et du pèlerinage en Orient. Elle prend force et sens dans les souffrances, les revers et les succès de ceux qui ont tout quitté dans l'espoir d'atteindre Jérusalem et de gagner leur salut. Elle s'affronte avec le djihad que promeut le renouveau de l'islam au milieu du XIIe siècle.

 

Mais la croisade ne se limite pas aux expéditions de la chrétienté occidentale en Orient, vers la Syrie-Palestine, Byzance ou l'Egypte. D'autres fronts sont concernés. L'Espagne d'abord, où s'accomplit, au fil des siècles, la Reconquête chrétienne.

 

L'Europe occidentale ensuite, où les expéditions des Teutoniques et des Porte-Glaives menées contre les païens de Prusse ou des pays baltes bénéficient des privilèges de croisade.

 

L'Occident lui-même, enfin, où les hérétiques et les ennemis de la papauté voient se déclencher contre eux des expéditions exterminatrices.

 

Le domaine parcouru ici est donc vaste. Il couvre l'histoire des croisades, au sens classique du terme, mais aussi celle de l'expansion commerciale des Occidentaux et prend en compte les Mongols et les Ottomans, les Mamelouks et les Barbaresques, dans un effort de compréhension globale d'un phénomène qui a constitué jusqu'au coeur de l'époque moderne une force majeure dans l'histoire de l'Europe.

 

 

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1274  -  1791

Armoiries du Comtat Venaissin - 1274 à 1791  

 

 

 

Saint-Hilaire
Sceau de Saint-Hilaire